Chaque année, la Journée mondiale de l’eau est célébrée le 22 mars afin de mettre en lumière l’importance de cette ressource vitale pour la planète. Cette année, le thème choisi est la préservation des glaciers. Ces derniers, victimes du changement climatique, disparaissent progressivement, entraînant ainsi la montée du niveau de la mer à l’échelle mondiale et menaçant gravement l’existence des petits États insulaires comme les Comores.
À Mwali, la plus petite île de l’archipel avec une superficie de 211 km², on comptait entre les années 1980 et 2000 plus de 30 cours d’eau qui coulaient en permanence, selon les spécialistes de l’environnement.Ces rivières étaient actives tout au long de l’année. Aujourd’hui, moins de sept d’entre elles subsistent, et principalement en saison des pluies.
Il s’agit notamment du cours d’eau de Nyombeni, de la rivière de Dewa à Mbwangoma, de celle de Msutruni à Fomboni, de la rivière de Mledjele à Miringoni, ainsi que d’autres situées à Nyumashuwa et Wallah. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène de tarissement : la déforestation, le changement climatique, l’aménagement des espaces dans les bassins versants et la sécheresse. «Aujourd’hui, chacun cherche un terrain pour construire une maison ou cultiver, sans prendre en compte l’importance des ressources en eau pour sa propre survie. Car sans eau, il n’y a pas de vie», explique Tsira, gestionnaire de la réserve de biosphère de Mwali et environnementaliste chevronné.
Un accès assez difficile
Selon lui, l’assèchement des rivières risque de s’aggraver si aucune mesure n’est prise. «D’ici quelques années, il n’y aura plus une goutte d’eau dans les robinets si la population ne prend pas conscience de l’ampleur de cette situation», alerte-t-il. L’accès à cette ressource essentielle est devenu extrêmement difficile sur l’île au cours des vingt dernières années, et impacte le quotidien des habitants. À Nyumashuwa, dans la région de Mledjele, la population souffre d’une pénurie d’eau depuis dix ans. Le bassin de stockage construit en 2001 par le Fonds d’appui au développement communautaire (Fadc) ne parvient plus à alimenter l’ensemble des habitants.
À Fomboni, la capitale insulaire, plusieurs quartiers subissent des coupures d’eau récurrentes, notamment Mouzdalifa, Colas, Islamique et Mihambwani. À Djwaezi, dans la commune de Mwalimdjini, la rivière de Nyombeni, autrefois un point d’eau très fréquenté pour la lessive et le nettoyage des voitures, est en train de disparaître rapidement. La ville ne fait pas exception aux problèmes d’accès à l’eau : cela fait plus de dix ans que les habitants souffrent d’un manque d’approvisionnement. Un projet d’adduction d’eau du Pnud, financé par le Fonds vert pour le climat et lancé en 2022, peine encore à se concrétiser.
La pollution aggrave également la situation. À Dewa, une rivière qui sépare Fomboni du village de Mbwangoma, il n’est pas rare de trouver des couches pour bébé usagées, des bouteilles de javel, des canettes, des plastiques, des vêtements inutilisables et d’autres déchets ménagers. Faute de site dédié à la collecte des ordures dans plusieurs localités, les habitants profitent de leurs moments de lessive pour y jeter leurs détritus, notamment des vêtements usagés.
Ces pratiques ont des répercussions désastreuses non seulement sur l’environnement, mais aussi sur la santé humaine. Pour rappel, l’eau couvre environ 70 % de la surface terrestre, ce qui vaut à notre planète le surnom de « planète bleue ». Toutefois, 97,2 % de cette eau est salée (mers et océans), tandis que seulement 2,8 % est douce (lacs, rivières, nappes phréatiques…). Face à la rareté de cette ressource essentielle, il est impératif d’agir sans attendre pour la préserver.
A. Housni