À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, les autorités sanitaires et l’Oms ont appelé à une mobilisation collective face à la progression du tabagisme et aux stratégies ciblant les jeunes.
Célébrée chaque année le 31 mai à travers le monde, la journée mondiale sans tabac a été commémorée ce mardi 9 juin, au ministère de la Santé et de la protection sociale. Placée sous le thème «démasquer le faux attrait : agir pour lutter contre la dépendance à la nicotine et au tabac », la rencontre a réuni le ministre de la Santé, Ahamada Sidi Nahouda, la représentante de l’Organisation Mondiale de la Santé (Oms), Nkurunziza Triphonie, ainsi que plusieurs autorités sanitaires nationales.
L’objectif a été de lancer officiellement les activités de sensibilisation prévues pour cette année, avec l’ambition de renforcer la lutte contre le tabagisme. Dans son allocution, le ministre de la Santé a d’abord alerté sur les nouvelles stratégies déployées par l’industrie du tabac pour séduire les jeunes. Selon lui, les cigarettes électroniques, les produits du tabac chauffé, les arômes attractifs et les campagnes de promotion diffusées sur les réseaux sociaux contribuent à banaliser la consommation de nicotine auprès des adolescents et des jeunes adultes.
«Le tabac n’est ni un symbole de modernité, ni une source de prestige. Il constitue un danger réel pour la santé, un facteur de pauvreté et une cause majeure de décès prématuré», a-t-il mis en garde. Il a rappelé que selon les estimations de l’Oms, plus de 8 millions de personnes meurent chaque année dans le monde à cause du tabagisme, dont près de 1,3 million de non-fumeurs exposés à la fumée secondaire.
Une prévalence atteignant 23 % chez les hommes
Le ministre a également indiqué qu’aux Comores, les dernières données disponibles révèlent qu’environ 13 % de la population adulte consomme du tabac fumé, avec une prévalence atteignant 23 % chez les hommes. Des chiffres qui, selon lui, doivent interpeller l’ensemble des acteurs de la société. «Derrière ces statistiques se cachent des vies brisées, des familles endeuillées et des ressources économiques considérables englouties dans le traitement de maladies pourtant évitables », a-t-il souligné.
Face à cette situation, le ministre a lancé un appel à une mobilisation nationale impliquant les autorités, les collectivités locales, les leaders religieux, les enseignants, les parents ainsi que les organisations de la société civile. «La lutte contre le tabac ne peut être gagnée par le seul secteur de la santé. Elle exige l’engagement de tous, pour protéger notre jeunesse et préserver l’avenir de notre pays», a-t-il insisté, avant de rappeler qu’«il est toujours moins coûteux de prévenir que de guérir».
De son côté, la représentante de l’Oms aux Comores, Nkurunziza Triphonie, a insisté sur le caractère délibéré des stratégies mises en œuvre par l’industrie du tabac et de la nicotine. «La dépendance à la nicotine n’est pas accidentelle, elle est conçue. Les produits sont élaborés pour créer et maintenir l’addiction, surtout chez les plus jeunes », a-t-elle affirmé.
Une dépendance «conçue» par l’industrie
Selon elle, les fabricants utilisent des arômes fruités, du menthol, des édulcorants et divers additifs afin de masquer l’agressivité du tabac et rendre les produits plus attractifs. Elle a précisé que cette stratégie vise particulièrement les adolescents, dont le cerveau est encore en phase de développement et donc plus vulnérable aux effets de la nicotine. «Aujourd’hui, l’industrie ne vend plus seulement un produit. Elle vend une image, un style de vie et une illusion de liberté qui masque en réalité cette dépendance durable», a-t-elle expliqué.
Prenant en compte le fait que plus de 60 % de la population africaine a moins de 25 ans, Nkurunziza Triphonie a indiqué que cette célébration a été l’occasion de mettre en évidence l’urgence d’intensifier les actions de prévention et de sensibilisation pour réduire la consommation du tabac et protéger les générations futures. Elle a estimé que l’absence d’une action ferme pourrait compromettre les progrès réalisés ces dernières décennies dans la lutte contre ce produit nocif.



