L’Institut national de recherche en pêche et en environnement (Inrape) a fait le choix, cette année, de promouvoir la collaboration des travaux de recherche sur la santé humaine, animale et végétale. Les responsables de l’institut et les partenaires souhaitent ainsi disposer d’une approche unique de recherche scientifique en mettant en lumière l’interdépendance dans la recherche de réponses face aux catastrophes sanitaires, écologiques et environnementale.

 

Le chef de l’Etat,  Azali Assoumani, a présidé hier au ministère de l’Agriculture, la cérémonie marquant le lancement de la 2ème édition des «Journées de la recherche scientifique» de l’Institut national de recherche en pêche et en environnement (Inrape) en présence des autorités, de nombreux membres des corps diplomatiques accrédités aux Comores et des partenaires techniques et financiers.

Les journées scientifiques mettent en avant divers volets dont «la santé animale, humaine, la valorisation des produits naturels, en passant par la préservation de l’environnement et la gestion durable des ressources en eau», ainsi que les défis à relever pour «garantir un avenir résilient et prospère à sa population». Cette année, l’Inrape a voulu mettre en avant l’interdépendance des scientifiques impliqués dans la recherche en santé humaine, en santé animale et en santé végétale pour promouvoir les équilibres entre les hommes, les animaux et la nature.

Mettre la recherche au cœur des innovations

Placée sous le thème de «l’innovation scientifique aux Comores à travers l’approche One health», cette deuxième édition traduit, selon le chef de l’Etat, la conviction qu’il porte avec force sur la recherche scientifique et la mise au point de nombreuses réflexions visant à mettre la recherche au cœur des innovations pour répondre aux besoins du pays en matière de développement socio-économique. «Le développement de notre pays passera par la connaissance, l’innovation et la recherche scientifique»,  a-t-il formulé, précisant que le salut d’un pays passe par la recherche scientifique. «Elle constitue une condition indispensable de sa souveraineté. Elle nous permet de mieux produire, de mieux protéger notre population, préserver notre environnement, valoriser nos ressources naturelles et mieux préparer l’avenir des futures générations», a ajouté Azali Assoumani. Saluant l’Inrape pour cette initiative, le président de la République a promis de faire de l’Inrape «une véritable référence nationale» en termes de recherches. «Notre ambition est de faire de cet institut un centre d’excellence capable d’éclairer des décisions dans les actions entreprises par les secteurs privé et public, d’accompagner la transformation économique de notre pays et d’apporter des solutions concrètes aux préoccupations quotidiennes de nos populations», met-il en avant. 


Souhaitant la bienvenue à l’assistance, le directeur général de l’Inrape, Hamza Abdou Azali s’est félicité de la mobilisation, ajoutant que l’engouement suscité par le public témoigne de l’intérêt vital que l’institut porte sur le devenir de la science, de l’innovation et du développement durable de l’Union des Comores. «Cette deuxième édition s’inscrit dans la continuité directe des ambitions posées lors de nos précédentes assises. Faire de la recherche scientifique est non pas un simple exercice académique mais le moteur concret de notre souveraineté alimentaire, de la propulsion de notre diversité et de la valorisation de nos ressources agricoles et halieutiques»¸ a-t-il affirmé.

Justifiant le thème retenu pour la célébration de l’édition 2026, la représentante de l’Oms aux Comores, docteur Nkurunziza Triphonie a expliqué que «l’approche One Health nous rappelle ainsi que la santé est un bien commun qui nécessite une action collective et coordonnée. Cette approche ne représente pas seulement une orientation technique pour les Comores ; elle constitue une véritable opportunité de renforcer durablement la sécurité sanitaire nationale». Selon elle, «les défis liés au changement climatique, à la préservation de la biodiversité, à la sécurité alimentaire ou encore aux maladies émergentes exigent des réponses fondées sur la connaissance scientifique et portées par une collaboration intersectorielle renforcée». 

Des investissements structurants au profit de l’Inrape

Et de souligner que face à ces défis, la recherche joue un rôle déterminant. «Elle permet de mieux comprendre les risques, d’orienter les interventions et de fournir aux décideurs les informations nécessaires à l’élaboration de politiques publiques efficaces. Lorsque les données scientifiques font défaut ou ne sont pas suffisamment prises en compte, les conséquences peuvent être importantes : émergence ou propagation silencieuse de maladies zoonotiques, usage inapproprié des antimicrobiens favorisant la résistance, dégradation de l’environnement ou retard dans la détection de nouvelles menaces sanitaires», a-t-elle soutenu. 


Pour l’ambassadeur de France, Etienne Chapon, l’approche dite «Une seule santé » n’est pas un concept théorique. «Elle est une nécessité opérationnelle, une philosophie d’action qui doit guider nos politiques publiques et nos programmes de recherche. Plutôt que d’utiliser des mots anglais, je propose de baptiser cette approche : «Unono Udzima». Le diplomate estime que l’approche constitue une sorte de «reflet d’une réalité que nous connaissons bien aux Comores, cette nation insulaire où les liens entre la santé humaine, la santé animale, la préservation des écosystèmes et la sécurité alimentaire sont indissociable». 


Le représentant résident de la Banque mondiale, Boubacar Sidiki Walbani, a fait savoir que son institution accompagne l’Inrape en mobilisant des investissements structurants au service de son développement, citant, entre autres, «la réhabilitation de laboratoires dédiés à la santé animale, la réhabilitation de l’appui au développement de la production locale de semence agricole de qualité ainsi que la création d’un centre de recherche polyvalent ». Et de réaffirmer «l’engagement de la Banque mondiale à soutenir le gouvernement comorien dans ses efforts multiformes au profit des populations et notamment, pour ce qui est du secteur de la santé ». Les travaux thématiques se poursuivent ce matin à l’Inrape.