Poursuivi pour «diffamation et injures publiques» présumées à la suite de propos tenus lors d’une émission diffusée sur une plateforme web, Mahmoud Salim Hafi a comparu hier, jeudi 22 octobre, devant le tribunal. À l’issue de l’audience, le prévenu a maintenu ses déclarations et l’affaire a été mise en délibéré au 26 novembre prochain.
L’affaire opposant la Convention pour le renouveau des Comores (Crc), notamment Youssoufa Mohamed Ali, alias Belou, et Najda Said Abdallah, à Mahmoud Salim Hafi a été examinée, hier jeudi 22 octobre, au palais de justice de Moroni. Le prévenu est poursuivi pour des propos jugés «diffamatoires et injurieux», tenus lors d’une émission diffusée sur la plateforme animée par Oubeidillah M’changama. Au cours de cette émission, Mahmoud Salim Hafi, lui-même membre de la Crc, aurait notamment évoqué de présumées «opérations illicites sur un compte bancaire du parti domicilié à Exim Bank».
Des déclarations que l’établissement bancaire avait aussitôt démenties. Lors de l’audience de ce jeudi 22 octobre, en présence des représentants des plaignants et des avocats des deux parties, Mahmoud Salim Hafi a affirmé «assumer les propos qu’il avait tenus durant l’émission». Il a toutefois précisé qu’il n’avait «aucune intention de manquer de respect aux personnes citées». Interrogé par les avocats de la partie civile, notamment sur ses déclarations concernant le compte bancaire du parti, le prévenu s’est montré peu disposé à répondre.
«Des déclarations sans justificatifs», selon la partie civile
À plusieurs reprises, il a indiqué «n’avoir aucune réponse à donner». Concernant Exim Bank, il a expliqué avoir simplement mentionné l’existence du compte au cours de l’émission.
Lors des plaidoiries, les avocats des deux parties ont défendu leurs positions. La défense est notamment revenue sur le démenti publié le 18 septembre à la veille de l’émission. Il a ensuite plaidé la «non-culpabilité» de son client. De son côté, la partie civile a regretté «l’absence de pièces justificatives» permettant de corroborer les déclarations du prévenu. À l’issue de l’audience, Me Idrisse Mze Mogne, avocat de la partie civile, a estimé que Mahmoud Salim Hafi n’avait apporté «aucun élément permettant de justifier ses accusations». «Aujourd’hui, c’était l’occasion pour monsieur Hafi de venir justifier les propos qu’il a tenus. Malheureusement, nous n’avons reçu aucune pièce attestant ses déclarations», a-t-il expliqué. Selon l’avocat, ces propos auraient été tenus «dans le but de ternir l’image des personnes citées ainsi que la réputation du parti Crc».
Il a également indiqué que «ses clients réclamaient un franc symbolique à titre de dommages et intérêts, ainsi que la prise en charge des frais d’avocat si le prévenu était reconnu coupable». Pour sa part, Me Mouhseine Salim Ahmed a regretté «l’attitude du prévenu» durant les interrogatoires. «Il disait qu’il assumait tout ce qu’il avait dit, mais dès qu’on lui posait une question, il répondait qu’il n’avait pas de réponse à donner», a-t-il déclaré.
L’avocat a également souligné «qu’aucune preuve annoncée par le prévenu n’avait été présentée au cours de l’audience». Pour lui, cette procédure doit rappeler que «les réseaux sociaux ne doivent pas servir à porter atteinte à l’honneur et à la réputation d’autrui sans éléments justificatifs». Après les plaidoiries, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 26 novembre prochain.



