La cour d’appel de Moroni a prononcé une mainlevée totale de toutes les mesures imposées aux deux reporters qui depuis le 10 juin, ne pouvaient quitter Ngazidja sans l’autorisation du juge.
Après plus d’un mois d’interdiction, Toufé Maecha et son directeur de publication, Elhad Said Omar, peuvent enfin reprendre leurs plumes. La cour d’appel de Moroni a prononcé l’abandon des mesures restrictives imposées à nos confrères, qui se trouvaient sous contrôle judiciaire depuis le 10 juin. Le juge avait énuméré un certain nombre de conditions à respecter pour éviter tout retour en détention.
Les deux journalistes du quotidien La Gazette des Comores ne pouvaient ni écrire, ni quitter l’île de Ngazidja. (Lire nos précédentes éditions). Si les charges sont toujours maintenues, le fait qu’ils soient autorisés à écrire dans les colonnes du quotidien indépendant reste une bonne nouvelle selon Toufé. «Cette mainlevée est un immense soulagement. Le droit d’informer l’emporte, et je retrouve enfin ma liberté d’écrire», a réagi Toufé Maecha.
Dans un communiqué, publié mardi soir, le Syndicat national des journalistes comoriens (Snjc) a exprimé son soulagement. « Ce mardi 14 juillet 2026, la Cour d’appel de Moroni a rendu sa décision sur l’appel fait par Toufé Maecha et El-Had Said Omar. Les deux professionnels des médias ont obtenu la mainlevée totale des mesures de contrôle judiciaire qui pesaient sur eux depuis le 10 juin 2026. Cette décision salutaire met enfin un terme aux restrictions injustes auxquelles nos deux confrères étaient soumis, notamment l’interdiction de quitter l’île de Ngazidja et, plus grave encore pour la démocratie, l’interdiction faite à Toufé Maecha d’exercer son métier de journaliste en publiant ou en diffusant des articles de presse», a déclaré le syndicat qui a rappelé que la liberté d’informer est un droit fondamental garanti par la Constitution de l’Union des Comores.
Droit fondamental
Le Snjc dit demeurer plus que jamais vigilant et mobilisé afin que les journalistes comoriens puissent exercer leur mission d’information en toute indépendance, sans entrave, sans intimidation et dans le strict respect des principes démocratiques. L’avocat des deux confrères, Me Fahmi Said Ibrahim, a lui aussi commenté la décision de la cour d’appel. «Je suis partielle
ment satisfait de cette décision, tout en respectant naturellement l’ordonnance rendue par la Chambre d’accusation. La juridiction a infirmé et réformé l’ordonnance du juge d’instruction. Devant la Cour, nous avions développé deux moyens principaux. Le premier consistait à soutenir que les faits reprochés à mes clients ne réunissaient pas les éléments constitutifs des infractions sur le fondement desquelles ils sont poursuivis», a d’emblée rapporté l’avocat, qui regrette que la cour n’ait pas suivi leur argumentation. A l’en croire, on leur a seulement donné raison sur l’absence d’une quelconque
nécessité de garder les mesures restrictives imposées aux deux professionnels. «En effet, l’article 9 de la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples garantit le droit à l’information ainsi que la liberté d’expression et de diffusion des opinions. La jurisprudence et les principes dégagés par la commission africaine des droits de l’Homme et des peuples imposent que toute restriction à l’activité journalistique soit strictement nécessaire, proportionnée et justifiée par un objectif légitime», a détaillé Me Fahmi, qui espère un abandon prochain de toutes les charges pesant jusqu’à lors sur Toufé et El-had.




