À l’occasion de la Journée mondiale de la Fonction publique, des experts ont plaidé pour une administration comorienne modernisée, fondée sur la digitalisation, la formation continue des agents et une meilleure gestion des carrières.

 

La modernisation de la Fonction publique comorienne passe par une transformation profonde de ses méthodes de gestion, la digitalisation des services et le renforcement des compétences des agents. C’est l’un des principaux messages ressortis du deuxième panel de réflexion organisé en marge de la célébration de la Journée mondiale de la Fonction publique, mardi 23 juin.


Placée sous le thème «Fonction publique comorienne en transition : quelles réformes pour quelles ambitions ?», cette rencontre a réuni plusieurs experts autour des défis liés à la transformation de l’administration publique. Le panel avait pour objectif d’identifier les leviers nécessaires pour construire une administration plus efficace, capable de répondre aux attentes des citoyens.
«La Fonction publique est au cœur de l’action de l’État. Elle assure la continuité du service public, accompagne les politiques de développement et contribue à répondre aux besoins des citoyens», a déclaré Ansume Ousseine, directeur de la Fonction publique de Ndzuani et modérateur des échanges.


Selon lui, dans le cadre du Plan Comores émergent 2030, le pays s’est engagé dans une dynamique visant à bâtir «un État moderne, efficace et orienté vers les résultats». Une ambition qui nécessite, d’après les participants, des réformes structurelles et une meilleure gestion des ressources humaines.
Les échanges, animés par Soilihi Mohamed Djounaid, le docteur Ahmed Ouledi et Cheikh Allaoui, ont porté sur trois grands axes : la vision de la Fonction publique à l’horizon 2030, les obstacles à la mise en œuvre des réformes et le rôle de la formation dans la professionnalisation des agents publics.


La création d’une future École nationale d’administration a été présentée comme une réponse majeure aux besoins de qualification des fonctionnaires. Les intervenants estiment que l’administration ne peut être performante sans un personnel bien formé et une politique claire de développement des compétences.
«La majorité des fonctionnaires ne dispose pas de formations adéquates, ne serait-ce que dans la rédaction des notes administratives», a déploré l’ancien directeur général de la Fonction publique, aujourd’hui secrétaire général adjoint du gouvernement.


Pour Soilihi Mohamed Djounaid, la digitalisation et la mise en place d’une école d’administration publique constituent des solutions essentielles pour une Fonction publique plus compétitive et fondée sur la méritocratie. Il a rappelé que «les catalyseurs 1 et 5 du Plan Comores émergent 2030 intègrent déjà les principes de modernisation de l’administration».


De son côté, Cheikh Allaoui a insisté sur plusieurs faiblesses qui ralentissent l’action des fonctionnaires, notamment «la méconnaissance de certains textes administratifs” et «le manque de transparence dans la gestion publique». Il a appelé au “respect des règles de recrutement afin d’éviter les intégrations massives qui fragilisent le système”.


Le docteur Ahmed Ouledi a, pour sa part, mis en avant la nécessité de mieux valoriser les compétences existantes. «Nous avons de très bons fonctionnaires qu’il faudrait penser à placer dans certains organismes internationaux, compte tenu de leurs compétences», a-t-il aussi soutenu.


Les experts ont également recommandé une meilleure répartition des agents entre les îles, une amélioration des conditions de travail, une maîtrise de la masse salariale ainsi qu’une revalorisation des carrières et des indices. Pour eux, la réussite de la réforme de la Fonction publique dépendra d’une vision globale associant modernisation numérique, formation et reconnaissance du mérite.