Face aux inquiétudes liées à une supposée pénurie de carburant, la Société comorienne des hydrocarbures rassure sur la disponibilité des stocks et appelle les consommateurs au calme.


Les responsables de la Société comorienne des hydrocarbures (Sch) ont rencontré la presse hier mardi au siège de l’établissement pour clarifier la situation actuelle liée à la supposée pénurie de carburant. Le directeur régional, le directeur de la distribution ainsi que le directeur des opérations se sont voulus rassurants quant à la disponibilité des produits pétroliers et à la livraison normale dans les stations-service du pays.


Pour Abdou Mhadjou, directeur de la distribution, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La Sch dispose, selon lui, de quantités suffisantes pour couvrir les besoins jusqu’au prochain approvisionnement. Dans ce contexte, il a appelé la population au calme, et pointé du doigt certains réseaux sociaux accusés de relayer «des informations sans fondement».


À l’en croire, la Sch a pris toutes les dispositions nécessaires, notamment en cette période de vacances et de festivités liées aux grands mariages. «La Sch est consciente que nous sommes dans une période de forte affluence. Le pays, en plein chantier, s’apprête également à accueillir, dans un an, les Jeux des îles de l’Océan Indien. Tout cela nécessite une quantité suffisante de carburant, en particulier de gasoil », a-t-il déclaré, précisant que la société a anticipé en revoyant à la hausse ses commandes.

Des pratiques de stockage à domicile

Selon lui, la cargaison de produits pétroliers de l’année dernière s’élevait à 10 400 tonnes métriques. «Cette année, nous avons commandé 13 650 tonnes et réceptionné 13 100 tonnes métriques», a-t-il indiqué. Il a précisé que ces volumes comprennent notamment 2 400 tonnes d’essence, 7 000 tonnes de gasoil et 3 700 tonnes de carburant aviation (Jet), “des données disponibles auprès des services des douanes et de la fiscalité pétrolière”. Abdou Mhadjou a dit ne pas comprendre l’affluence observée dans les stations-service alors que, selon lui, “l’approvisionnement est assuré de manière régulière”.


Concernant les livraisons, il a indiqué qu’à Moroni, 1 375 510 litres de gasoil avaient été livrés sur la même période l’an dernier, contre 1 671 392 litres cette année, soit une hausse de 295 000 litres. À Ndzuani, les livraisons sont passées de 322 670 litres à 429 950 litres, soit une augmentation de 107 000 litres. À Mwali, en revanche, 73 300 litres ont été livrés cette année contre 84 100 litres l’an dernier, en raison du retard du pétrolier. «Au total, nos trois dépôts ont livré 1,82 million de litres de gasoil l’année dernière contre 2 174 000 litres cette année, soit une augmentation de 92 000 litres», a-t-il précisé.


Même ton du côté du directeur régional de la société, Abdou Saïd Mdahoma, qui a appelé la population à “ne pas se fier aux informations relayées sur les réseaux sociaux”. Il a assuré que “la société dispose d’un stock couvrant 45 jours”, jugé “largement suffisant pour répondre aux besoins nationaux en attendant la prochaine cargaison”.Selon lui, les 13 100 tonnes métriques disponibles, soit près de 13 millions de litres, devraient suffire. Il estime que la panique observée dans certaines stations-service s’explique par des pratiques de stockage à domicile. «Nos services ont mené des enquêtes et constaté que certains usagers s’approvisionnent en bidons de 20 litres, voire avec des camions-citernes, pour constituer des réserves privées», a-t-il déploré. Il a également rassuré que «les stations-service sont alimentées régulièrement, chacune recevant les quantités commandées».


Prenant à son tour la parole, le directeur des opérations, Gamal Saïd Salim, a pointé du doigt certaines stations-service, institutions et entreprises qu’il accuse d’entretenir une spéculation autour de cette crise supposée. «Nous avons des institutions et des entreprises clientes qui s’approvisionnent à la fois directement auprès de nous et dans les stations, ce qui accentue la pression et crée une panique», a-t-il expliqué. Il a par ailleurs mis en garde contre les risques sécuritaires liés au stockage domestique de carburant. Il a affirmé avoir été informé du cas d’ “une station à Badjini qui aurait cessé la vente normale pour privilégier la revente en bidons à des prix exorbitants».