Le groupe thématique «Genre» a été relancé, ce lundi, sur le dialogue autour de l’égalité entre les femmes et les hommes. La réunion répond sur deux piliers dont un cadre de concertation opérationnel et des acteurs mieux organisés pour y participer.
Le groupe thématique Genre (Gtg) a été officiellement relancé ce lundi 30 mars, lors d’un atelier organisé à l’hôtel Retaj, sous la direction du ministère en charge du Genre. Cet évènement qui entre dans le cadre des activités du projet Shawiri qui est financé par l’Union Européenne a réuni plusieurs membres du gouvernement, mais aussi des partenaires techniques et financiers, des représentants des institutions publiques ainsi que des organisations de la société civile. Selon les organisateurs, c’est une étape importante dans la redynamisation du dialogue autour de l’égalité entre femmes et hommes en Union des Comores.A l’occasion, la ministre du Genre, Fatima Ahamada, a souligné «la portée symbolique et stratégique de cette rencontre», inscrite dans le cadre des activités commémoratives de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, célébrée cette année sous le thème : «droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles».
La ministre a rappelé que l’égalité de genre demeure une condition essentielle du développement durable et inclusif du pays. «Cette rencontre marque une étape décisive dans la relance d’un cadre de concertation essentielle, restée en retrait ces dernières années», a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité «d’un engagement collectif pour garantir des droits égaux et des opportunités réelles à toutes les Comoriennes».
Le Gtg s’inscrit dans plusieurs cadres stratégiques, notamment «la politique nationale d’égalité et d’équité de genre (Pneeg), la feuille de route de 2016 sur les violences basées sur le genre, le Plan Comores émergent 2030, ainsi que l’Objectif de développement durable n°5 des Nations unies». Les travaux de cette première réunion visent notamment à dresser un état des lieux de la politique nationale de genre, mieux cerner le rôle des organisations de la société civile (Osc) et définir les priorités d’action. Parmi les résultats attendus figurent la validation de la composition du Gtg, l’identification des acteurs clés, ainsi que l’élaboration d’une feuille de route pour les prochaines étapes.
Au nom de la société civile, la présidente du chapitre comorien de l’Awln, Fatoumia Bazi, a salué «une avancée majeure» et un outil indispensable pour renforcer l’efficacité des politiques publiques en matière de genre. Insistant sur la complémentarité entre l’Etat et les Osc, la présidente du chapitre comorien de l’Awln a appelé à une meilleure articulation des rôles pour produire des résultats concrets. Fatoumia Bazi a également plaidé pour la promulgation de la loi Hadjira et la ratification de la convention de l’Union africaine sur l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles, adoptée en février 2025. «Le moment est venu de passer des engagement aux actes» a-t-elle affirmé.
De leur côté, les partenaires techniques et financiers ont réitéré leur soutien. Représentant l’Union européenne, Marie-Stella Delaye a rappelé que l’action conjointe s’appuie sur des cadres ambitieux tels que la Pneeg et les engagements internationaux.
L’engagement des partenaires internationaux
Elle a mis en avant les priorités du gouvernement, notamment le renforcement du cadre juridique, l’autonomisation économique des femmes, leur participation aux instances décisionnelles et la lutte contre les violences basées sur le genre. Malgré des avancées notables, elle a reconnu que des défis persistent et nécessitent «des réponses renforcées, multisectorielles et durables».
La directrice du Genre, Mouznat Djoumoi, a, pour sa part, insisté sur l’importance de structurer un dialogue régulier entre institutions et société civile. Elle a souligné que la relance du Gtg repose sur deux piliers essentiels : un cadre de concertation opérationnel et des acteurs mieux organisés pour y participer. Mouznat Djoumoi parle du travail mené lors de ces derniers mois, lequel a abouti à trois résultats, à savoir la remise en place d’un cadre de dialogue, la structuration des organisations de la société civile et l’articulation entre deux dynamiques. La directrice du Genre a également salué « le rôle du projet Shawiri et de ses partenaires dans la consolidation de cette dynamique, en lien avec les priorités de l’Union européenne, notamment à travers le Gender Action Plan III».



