Saïd Mohamed Ali Saïd a loué le travail mené par les experts, chercheurs et techniciens à tous les niveaux et qui a abouti 25 ans après, à l’inscription des médinas sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Le ministre a particulièrement salué «le leadership» du chef de l’Etat et «son engagement personnel» à porter et à défendre «le dossier jusqu’à la dernière minute».
Le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Said Ali Mohamed Said, a retracé le long processus ayant conduit à l’inscription des Sultanats historiques au patrimoine mondiale de l’Unesco. Une occasion pour le ministre de rendre hommage à l’ensemble des acteurs mobilisés. Pour lui, cette reconnaissance est d’abord celle d’un travail engagé depuis vingt-cinq ans par des chercheurs, architectes, diplomates, bénévoles et acteurs de la société civile : «cette reconnaissance est le fruit d’un travail patient, commencé un quart de siècle avant que la plupart d’entre nous n’y songent», a-t-il rappelé. Le ministre est revenu sur les premières démarches engagées en 2000, année de ratification par les Comores de la Convention du patrimoine mondial, avant d’évoquer le travail scientifique mené au Centre national de documentation et de recherche Scientifique (Cndrs) par l’anthropologue Damir Ben Ali.
Un nouveau chantier
Il a ensuite cité la création du Collectif du Patrimoine des Comores autour de Fatima Boyer en 2006, puis l’inscription des sultanats historiques sur la liste indicative de l’Unesco en 2007. Il a aussi ajouté que les relevés architecturaux réalisés entre 2012 et 2014, avec l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille, ainsi que les différents soutiens de l’Unesco, de la France et du Pnud, ont permis de consolider le dossier. Said Ali Mohamed Said a également insisté sur le rôle joué par le président Azali Assoumani, «le leadership» et «son engagement personnel» dans la dernière phase de la candidature, notamment avec le dépôt du dossier à Paris en février 2025 et le déplacement à Busan en juillet dernier : «sans l’engagement personnel du président de la République, ce travail scientifique aurait pu attendre encore très longtemps avant d’aboutir», a-t-il affirmé, saluant également le travail de la diplomatie culturelle, notamment celui de Kassim Mohamed-Soyir Badjrafil, ambassadeur permanent des Comores auprès de l’Unesco.
Pour le ministre, cette inscription ne constitue pas un aboutissement. Elle ouvre au contraire un nouveau chantier autour de la conservation, la transmission et la valorisation des six médinas avec l’Office national de valorisation du patrimoine, confié à Anya Mohamed Issa, qui devra poursuivre ce travail dans la durée, avec la formation de guides et d’artisans, la restauration des maisons anciennes et le développement d’activités économiques au profit des populations locales. «Notre responsabilité, maintenant, est de ne pas être le maillon faible de cette chaîne», a-t-il insisté. Pour lui, l’inscription doit désormais déboucher sur des actions concrètes notamment la formation de guides et d’artisans, la restauration des maisons anciennes, l’installation d’activités artisanales et la création de petites unités d’hébergement figurent. L’objectif, selon lui, est de faire bénéficier les populations locales des retombées économiques liées à la nouvelle visibilité internationale des médinas.
Ainsi, la célébration de l’inscription des médinas à l’Unesco aura permis de mesurer le chemin parcouru depuis l’an 2000. Mais les discours ont surtout rappelé que la reconnaissance de l’Unesco impose désormais une autre exigence : celle de préserver ce qui a été reconnu, transmettre ce qui a été hérité et faire du patrimoine «une réalité vivante pour les générations à venir».



