A l’occasion du nouvel an hégirien, des centaines d’enfants issus des écoles coraniques ont convergé vers la place de l’Indépendance dans la foi, l’unité et la tradition.

 

Ce mercredi 17 juin, marquant le début de la nouvelle année du calendrier hégirien, les écoles coraniques de Moroni se sont donné rendez-vous, comme chaque année, à la place de l’Indépendance pour célébrer le nouvel an musulman.Dès les premières heures de la matinée, de longs cortèges d’enfants ont quitté les différents quartiers de la capitale pour rejoindre le lieu de rassemblement. Habillés de tenues blanches, de qamis colorés ou de vêtements traditionnels soigneusement préparés pour l’occasion, ils ont parcouru les rues sous le regard admiratif des habitants.

 Au fil des arrivées, la place s’est progressivement remplie. Élèves, enseignants, parents et fidèles s’y sont retrouvés pour partager ce moment symbolique à travers des récitations coraniques, des chants religieux, des invocations et diverses prestations préparées par les madrassa. Repris en chœur par les enfants, les chants ont résonné dans plusieurs rues, donnant à la ville un visage particulièrement festif.


Pour Abdillah Soifoini, âgé de 15 ans, cette célébration est un rendez-vous très attendu par les enfants.  «Avec mes camarades de l’école coranique, nous attendions cette journée depuis plusieurs semaines pour participer au défilé et faire la fête», a-t-il confié. Et d’ajouter : «Nous avons répété pendant des mois pour bien représenter notre école coranique». Même avis pour Irfane Mohamed Msaidié, 16 ans et représentant l’école privée La Maison Des Enfants (Lmde), qui a souligné une particularité cette année.

 «Nous nous sommes joints à nos camarades qui sont en salle d’examen pour prier ensemble en cette journée bénie», explique-t-il, précisant que c’est la première fois que son école participe au défilé aux côtés des autres madrasas. « C’est une expérience nouvelle pour nous mais c’était bien», reconnait-il. Concernant l’organisation, il ajoute : «Il y avait moins de monde par rapport aux années précédentes, mais la fête a été bien organisée et mieux encadrée par les forces de l’ordre. Ce qui a permis un bon déroulement».

 Du côté des encadreurs, le maître de la Madrassati Nadjah Islamiyat, Saïd Mbaraka Ali, a insisté sur le sens spirituel de cette journée essentielle. Pour lui, le 1er Mouharram dépasse le simple cadre festif. «C’est une occasion de rappeler aux enfants l’hégire du Prophète (Psl), mais également les valeurs de patience, de foi et de persévérance qu’elle enseigne », a-t-il confié. Pour lui, « c’est un moment de bénédiction et de rappel religieux, où les enfants se rapprochent d’Allah à travers la récitation et les invocations».


Parmi les nombreux parents présents, Hadidjati Malide, qui a fait le déplacement depuis le quartier de Maluzini pour accompagner ses enfants, s’est réjouie de voir tous ces jeunes réunis chaque année autour de la religion. «La foule que vous voyez aujourd’hui, c’est la preuve que nos traditions continuent d’être transmises aux nouvelles générations», a-t-elle dit.