Au terme de la cérémonie, les autorités de l’île ont effectué la prière de midi dans l’ancienne mosquée du site. Les membres des familles, issues de plusieurs générations, se félicitent du travail qui a permis de donner vie au lieu et promettent de perpétuer l’esprit et la mémoire de leurs ancêtres.

 

Le site historique de Ntsaju, situé sur les hauteurs de Bimbini, a été inauguré ce dimanche. La cérémonie, coorganisée par la famille Ntsaju et le Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs), a réuni les autorités insulaires, des membres de la famille et des acteurs engagés dans la préservation du patrimoine. La construction de cet édifice remonte, selon les traditionalistes de la ville, à «une période antérieure au XIXᵉ siècle».


Le gouverneur de Ndzuani, Dr Zaidou Youssouf, a insisté sur l’importance de la connaissance de l’histoire du pays. «Il faut connaître son passé pour connaître sa fierté. L’exécutif s’est engagé à connaître l’histoire de cette île. Avec le Cndrs, que je convie à recenser nos patrimoines. Le plus important, c’est le patrimoine immatériel et moral. Nous ne pouvons pas nous contenter d’un patrimoine matériel», a-t-il déclaré.


Dans sa brève prise de parole, le directeur régional du Cndrs, Musbah Ben Ahmed, a évoqué l’ancienneté attribuée au site et salué l’engagement de la famille. «C’est un site qui est répertorié comme du 8e et 10e siècle. Je saisis cette occasion pour remercier les enfants de la famille Ntsaju pour ce travail. Chaque pierre de l’édifice est une page de l’histoire», a-t-il souligné.

Trois années de restauration

Pour Issouf Mourdi, coordinateur du site, la restauration a permis de redonner vie au lieu après trois années de travaux menés dans le cadre d’une initiative familiale. «Après trois ans de travaux de restauration menés à bien grâce à une initiative familiale, nous avons réussi à redonner vie à ce site. Notre objectif est de perpetuer cet héritage, d’entretenir la mémoire du lieu et de permettre à chacun de s’y reconnaître.

 Cette tradition remonte au XVIIᵉ siècle et se répète chaque année. Historiquement, cet espace a été offert par le roi Abdallah. Aujourd’hui, en plus d’y célébrer le maoulid, nous poursuivons nos recherches historiques. Un ouvrage récapitulatif devrait d’ailleurs voir le jour l’année prochaine, enrichi par les retours et analyses d’historiens, d’anthropologues et de scientifiques», a-t-il expliqué.Membre de la famille, le juge Anchikiddine Maanfou souhaite voir le monument intégrer un jour la liste du patrimoine national.

«Le lieu abrite une ancienne mosquée qui remonte au temps de nos aïeux. Il s’agit d’un bien familial que nous souhaiterions, à l’avenir, faire inscrire au patrimoine national. Après plusieurs années de travaux financés par la famille, nous avons enfin pu inaugurer le site historique et ancestral de Ntsaju, situé sur les hauteurs de Bimbini à Ndzuani. C’est un grand soulagement pour nous, car cet édifice pourra désormais perdurer, pendant que nous cherchons les voies et moyens pour obtenir sa reconnaissance officielle dans la liste du patrimoine national», a-t-il indiqué.


Anchikiddine Maanfou a également expliqué que la mobilisation familiale est née du constat de la dégradation du site. «L’idée de protéger ce bien commun est née après le constat de sa dégradation, rapporté par nos proches de la diaspora de Ntsaju. Cette mobilisation vise à préserver un héritage qui nous tient à cœur. L’inauguration coïncide par ailleurs avec le maoulid de Ntsaju, organisé chaque dernier dimanche du mois de maoulid», a-t-il ajouté.


Mohamed Anfane, également membre de la famille, a, pour sa part, évoqué l’attachement de la famille à ses origines. «Depuis des générations, notre famille perpétue la célébration de ce maoulid, un héritage précieux que nous traçons grâce à notre arbre généalogique. Aujourd’hui, notre berceau familial abrite une mosquée et demeure un lieu de vie permanent. Nos racines remontent à Ntsaju, originaire de la ville de Malé à Ngazidja, d’où provient l’ensemble de notre communauté», a-t-il déclaré.