Au nom des journalistes comoriens, le président du Syndicat national des journalistes comoriens (Snjc), Ahmed Bacar, a formulé des vœux de paix, de santé et de bonheur à l’endroit du chef de l’État, de sa famille et de l’ensemble de la nation. La cérémonie a eu lieu à Beit-Salam en présence de plusieurs dirigeants des médias, des représentants du conseil national de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa) et des journalistes. A l’occasion, Ahmed Bacar a souhaité que l’année 2026 soit porteuse de développement, de justice sociale et de progrès. Revenant sur l’année écoulée, Ahmed Bacar a salué la décision des parlementaires de retirer l’article 169 du nouveau Code de l’information et de la communication, disposition jugée attentatoire à la liberté de la presse.

Cet article prévoyait la possibilité pour un juge de contraindre un journaliste à révéler ses sources dans des cas exceptionnels non définis. «La protection des sources n’est pas un privilège des journalistes, mais un principe fondamental garantissant le droit du citoyen à une information libre, crédible et indépendante», a-t-il rappelé. Le président du Snjc a également évoqué la précarité salariale des journalistes, notamment dans la fonction publique, et appelé ainsi le chef de l’État à user de ses prérogatives pour corriger cette «injustice sociale», pour freiner la fuite des professionnels vers d’autres administrations. Il n’a pas manqué de soulever, l’absence de mise en œuvre du fonds d’appui à la presse, revendiqué depuis plus de 26 ans.


En réponse, le président Azali Assoumani a remercié la presse pour ses vœux et a réaffirmé son attachement à la liberté d’expression, qui est «un droit fondamental et constitutionnel, indispensable à la construction de l’État de droit et primordial dans toute société démocratique.» . Il a insisté sur la nécessité de concilier liberté de la presse et respect de la déontologie journalistique, se réjouissant ainsi «de la décision de notre parlement, de réaffirmer dans le nouveau Code de l’information et de la communication, la protection des sources journalistiques, qui garantit le droit du public à être bien informé et permet aux citoyens de dénoncer des scandales ou révéler des informations pour l’intérêt public sans craindre des représailles».

Il a demandé toutefois aux journalistes de se «démarquer des dérives de la désinformation, du sensationnel, des invectives sur les réseaux et du flou souvent entretenu entre l’information et l’opinion personnelle» et de «privilégier la vérification rigoureuse de l’information, l’approche critique des sources, l’équilibre dans le traitement des points de vue et la transparence dans les méthodes employées pour recueillir et diffuser l’information. Pour conclure, le chef de l’État a annoncé qu’il donnerait les instructions nécessaires concernant le fonds d’appui à la presse, le soutien aux médias privés et la subvention annuelle aux médias publics, tout en saluant le travail du Conseil national de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa).