Abdallah Saïd Soilih, membre du comité de suivi des travaux, explique que cette problématique est au centre des discussions à Mitsamihuli depuis plus d’une décennie. Il rappelle une tentative précédente avec la construction d’une digue dans une autre partie du littoral. « L’enrochement est une solution efficace, approuvée par la majorité. Les femmes du quartier le plus affecté par l’érosion ont pris l’initiative de démarrer les travaux. Aujourd’hui, tout le monde est conscient du danger que représente la montée des eaux, non seulement pour nos vies, mais aussi pour le développement de la ville.
Ce projet est une étape essentielle dans notre combat de longue haleine », déclare-t-il.
Le choix de l’enrochement, au détriment des digues, s’appuie sur des recommandations techniques. Les experts consultés, dont un ingénieur ayant participé à la construction d’une digue près de l’hôpital, déconseillent cette dernière option pour les zones littorales urbanisées. « L’enrochement est préférable pour limiter une érosion rapide.
Il s’adapte mieux aux caractéristiques du littoral où des constructions sont déjà présentes », explique Abdallah Saïd Soilih.Malgré l’urgence de la situation, les ressources financières nécessaires pour mener à bien ces travaux restent insuffisantes. Les premiers aménagements ont été réalisés grâce à une cotisation des femmes du quartier de Mtsongolé, dans l’objectif d’alerter les autorités et de prévenir les dégâts avant la saison des fortes pluies.
Des moyens encore limités
Dans certaines zones, il n’y a que quelques centimètres entre la limite des vagues et la route principale, et à d’autres endroits, à peine un mètre. Cela doit nous alerter sur l’urgence d’agir », insiste le membre du comité. En janvier 2023, une délégation gouvernementale avait visité le littoral pour évaluer les dégâts et proposer des solutions.
Un projet de digue reliant Terminus au grand marché avait été estimé à 270 millions de francs comoriens. Cependant, ce projet n’a pas encore vu le jour, laissant les habitants seuls face à l’érosion qui ne cesse de progresser. L’initiative citoyenne à Mitsamihuli montre toutefois que la population est prête à agir, en espérant que des appuis financiers et techniques viendront compléter leurs efforts.