L’enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages, présentée lors d’un atelier organisé ce mercredi, a été financée dans le cadre du projet régional de statistiques de la Sadc (Communauté des Etats d’Afrique australe). Ce programme vise à « renforcer les capacités des pays participants à produire et à utiliser des statistiques de qualité » avec le souci d’harmoniser les méthodes et les données à l’échelle régionale.
Un atelier technique consacré à la présentation des nouveaux indicateurs de pauvreté aux Comores a réuni ce mercredi 1er avril à l’hôtel le Retaj les principaux acteurs du secteur économique et statistique. Cette rencontre a mis en lumière «le rôle central des données dans la lutte contre la pauvreté et l’importance d’une approche coordonnée entre les institutions nationales et les partenaires internationaux».
Selon les organisateurs, la réflexion marque ainsi «une étape importante dans le renforcement du système statistique national et dans la mise en place de politiques plus efficaces pour réduire la pauvreté et améliorer les conditions de vie des populations comoriennes».
Dans son allocution d’ouverture, le directeur général de l’Institut national des statistiques et des études économiques et démographiques (Inseed) a salué la mobilisation des participants, et a souligné, à l’occasion, que «la qualité et la diversité des acteurs présents témoignent de l’importance de cette problématique pour le pays». Il a insisté sur la nécessité de disposer de données fiables pour mieux comprendre les dynamiques de pauvreté et orienter efficacement les politiques publiques.
Ali Mohamed a mis en avant «les efforts conjoints du gouvernement et des partenaires techniques pour promouvoir une culture de données» dans le pays. «Les données sont indispensables pour prendre des décisions éclairées et suivre les progrès accomplis», a-t-il rappelé, mentionnant que l’appui de la Banque mondiale s’inscrit dans une stratégie globale reposant sur trois piliers : le financement, l’assistance technique et le suivi des indicateurs de pauvreté.
L’emploi au cœur de la lutte contre la pauvreté
Prenant la parole, la chargée des opérations de la Banque mondiale, Aida Amada, a rappelé que «la mission de la Banque mondiale est de mettre fin à l’extrême pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée». Elle a mis en avant le rôle déterminant de l’emploi dans cette dynamique. «C’est par le travail que les ménages sortent de la pauvreté, que les économies se développent et que les communautés prospèrent», a-t-elle affirmé, précisant que les résultats présentés lors de cet atelier illustrent clairement ce lien entre emploi et réduction de la pauvreté.
Dans la même optique, Aida Amada a salué «l’engagement des autorités comoriennes et de l’Inseed dans l’exploitation des statistiques pour mieux comprendre les inégalités». Elle a également mis en avant «la qualité de la collaboration» entre les équipes techniques, notamment en matière de production de données fiables et accessibles. Par ailleurs, il a été souligné que la Banque mondiale accompagnait les Comores sur le plan technique dans l’application des standards internationaux dans la mesure de la pauvreté.
Les données collectées sont ensuite intégrées dans la plateforme mondiale de suivi de la pauvreté, permettant ainsi des comparaisons à l’échelle internationale et un meilleur suivi des Objectifs de développement durable (Odd).Au-delà des résultats présentés, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’approfondir l’analyse.
« Une évaluation plus complète de la pauvreté et de l’équité est en cours d’élaboration afin d’identifier les facteurs déterminants et de proposer des politiques publiques adaptées », a-t-on indiqué. Pour Aida Amada, «ces travaux ne constituent qu’un point de départ». Elle a réaffirmé l’engagement de la Banque mondiale à accompagner durablement les Comores, tant sur le plan financier que technique.





