La formation de trois jours, lancée lundi dernier à l’hôtel le Retaj par le Croissant rouge comorien (CrCo), a pris fin, mercredi 28 janvier. Organisée dans le cadre du renforcement des capacités des différentes organisations de la société civile (Osc) à lutter contre les violences basées sur le genre (Vbg), cette formation était basée sur les aspects techniques et stratégiques de la protection du genre et inclusion, mais aussi sur la dimension sociologique de ce fléau encore persistant aux Comores. 


Dispensée par Maliki Rabo Ali, chef du Projet de gestion intégré (Pgi) de la Croix rouge françaises en Union des Comores, la formation a vu la présence de la directrice des programmes du Croissant rouge comorien (Crco), Ahamada Sabouanta, et du secrétaire général adjoint du ministère du Genre, Mohamed Ismael.  À l’occasion, Ahmada Sabouanta a tenu à remercier «la délégation de l’Union européenne pour son appui constant en faveur de la protection de la population en général et des personnes en situation de vulnérabilité en particulier».

Elle saluera également la Croix rouge française «pour son engagement et son partenariat stratégique dans la mise en œuvre du projet Nawahimiliwa ». La directrice des programmes du Croissant rouge comorien (Crco) a profité de cette occasion pour souligner «le défi majeur» posé par les diverses violences dans le pays. «Aux Comores comme ailleurs, la violence affecte profondément les femmes, les filles, les enfants et d’autres personnes en situation de vulnérabilité.

Malheureusement, ces violences, qu’elles soient physiques, économiques, morales, ou sexuelles, sont souvent banalisées, invisibilisées et non déclarées en raison des normes sociales discriminatoires, mais également de la peur, de la stigmatisions et du manque de mécanisme de protection accessible à tous», a-t-elle mentionné. 

Un fléau qui touche tout le monde

Pour Ahamada Sabouanta, «les organisations de la société civiles luttent au quotidien contre ce fléau» des Vbg, soulignant ainsi la pertinence de la formation conçue, selon elle, «pour répondre à ces défis qui touchent le monde entier ». Elle rappelle que les séances de formations permettent de développer les compétences des acteurs locaux grâces aux échanges développés et aux campagnes de sensibilisation menées par les services concernés.


Pour sa part, le secrétaire général  adjoint du ministère du Genre, Mohamed Ismaël, a salué l’initiative et la nécessité de lutter efficacement contre les Vbg. Pour lui, il s’agit d’un fléau qui touche tout le monde, plus particulièrement les femmes et les enfants et qui doit donc mobiliser tout le monde. «C’est une affaire qui nous concerne tous. Ce n’est ni l’affaire du Croissant rouge comorien ni celle de la Croix rouge française qui ont organisé cette formation », a-t-il précisé. Mohamed Ismael a également souligné l’importance de mieux user des outils et des connaissances pour mieux lutter contre le fléau.

 «Il est indispensable de bien appliquer les concepts acquis durant la formation, surtout envers les parents et les responsables des enfants qui sont les plus indulgents face à ces pratiques et attitudes révoltantes. On peut citer à titre d’exemple les mariages arrangés des mineurs», a-t-il mis en avant, assurant que le ministère et les services d’écoute prendront les mesures d’accompagnement nécessaires en faveur des victimes et des personnes vulnérables.


Prenant part à cette formation, la coordinatrice de l’association Uesma de Ndzuani, qui milite pour l’éducation, les aides humanitaires et la sensibilisation contre les Vbg, Fahati Abdallah s’est dit satisfaite de cette formation. «J’avais besoin d’acquérir des connaissances nécessaires me permettant de renforcer la capacité de communication et de sensibilisation pour pouvoir dénoncer les coupables et soutenir les victimes des Vbg, puisque le constat est alarmant et que beaucoup n’ose pas avouer ni dénoncer, surtout si cela vient d’un membre proche de la famille», a-t-elle déclaré.