La démarche engagée dans les différentes îles traduit par ailleurs la volonté d’inscrire la sensibilisation contre les violences basées sur le genre dans une dynamique nationale, en rapprochant les outils et les messages des communautés et des acteurs qui interviennent directement auprès des populations.

 

Le projet Shawiri, à travers l’Ong EarthEcho Communications, en collaboration avec le ministère de la Promotion du Genre et la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (Cndhl), a organisé ce lundi 21 septembre un atelier consacré au renforcement de la communication institutionnelle des dispositifs nationaux d’écoute. Cette rencontre vise notamment à améliorer les capacités des acteurs engagés dans la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre (Vbg),

 à travers une meilleure utilisation des outils de communication et de sensibilisation adaptés aux réalités des communautés. L’un des principaux objectifs de l’atelier est de diffuser les outils de communication élaborés par EarthEcho Communications. Parmi ces supports figure notamment un guide opérationnel de sensibilisation contre les Vbg, destiné à accompagner les différents intervenants dans leurs actions de terrain.

Une dynamique nationale et inclusive

D’autres outils sont également destinés aux services d’écoute, aux clubs des mères, aux leaders communautaires ainsi qu’à l’ensemble des acteurs impliqués dans la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre.Représentant le ministère de la Promotion du Genre, Mouznat Djae Mdahoma, conseillère au ministère, a rappelé que cet atelier s’inscrit dans une démarche déjà engagée dans les autres îles. «C’est un atelier déjà organisé à Ndzuani puis à Mwali, marquant ainsi une dynamique nationale et inclusive», a-t-elle expliqué. 


Elle a souligné que les violences basées sur le genre ne constituent pas uniquement une violation grave des droits humains. Elles représentent également, selon elle, un obstacle au développement socio-économique durable et à l’inclusion sociale. Dans ce contexte, la prévention et la prise en charge des Vbg demeurent, a-t-elle insisté, des priorités qui nécessitent l’implication de l’ensemble des acteurs concernés. Pour Mouznat Djae Mdahoma, ces supports ont été conçus afin de renforcer les capacités des acteurs et d’améliorer leurs interventions.

 Ils doivent également permettre de rendre les actions de sensibilisation «plus structurées, plus efficaces et mieux adaptées aux réalités culturelles et linguistiques de nos communautés». Représentant de la Cndhl, Maître Aticki Ismael Youssouf a souligné l’importance de cette démarche, particulièrement auprès des jeunes et des communautés.

 «Il s’agit d’un enjeu fondamental : donner aux jeunes et aux communautés les outils pour comprendre la lutte contre les Vbg et les faire comprendre à leur entourage.» Pour lui, la sensibilisation constitue un élément essentiel dans la promotion et la protection des droits humains. «Les droits humains ne se décrètent pas. Ils se vivent, ils s’enseignent et se transmettent», a-t-il déclaré, saluant une initiative qui, selon lui, contribue à renforcer la citoyenneté et la protection des populations.


Maître Aticki Ismael Youssouf estime ainsi qu’un jeune qui comprend les enjeux liés à la sécurité et aux droits devient davantage capable de défendre ses propres droits et ceux des autres. Il a également insisté sur l’importance de l’accès des femmes aux outils de sensibilisation et de protection, ainsi que sur le rôle des communautés dans la prévention des violences.