L’association entend ainsi poursuivre son engagement pour la prévention des violences sexuelles et la protection des enfants en milieu scolaire.

 

L’association Mvukisho ye Massiwa lance la 5ᵉ édition de sa campagne «Mwendo wa Dzihiro», dédiée à la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes, aux enfants et aux personnes en situation de handicap. Présentée mardi 13 octobre lors d’une conférence de presse au restaurant Le Habana, cette initiative prévoit une tournée de sensibilisation dans huit collèges de Ngazidja, du 14 au 24 octobre.


À travers cette campagne, l’association souhaite sensibiliser les élèves aux différentes formes de violences sexuelles, les aider à reconnaître les situations à risque et leur donner les moyens de mieux se protéger. Les activités cibleront particulièrement les élèves de 6ᵉ, 5ᵉ et 4ᵉ. Selon la vice-présidente de l’association, Zayone Yahya, la tournée débutera à Mitsamiouli et se poursuivra notamment à Oussivo, Ntsoudjini, Ntsaoueni, Foumbouni, Mohoro, Koimbani et Itsinkoudi.

 «L’objectif du projet est de sensibiliser les élèves et, surtout, de donner aux élèves de 6ᵉ, 5ᵉ et 4ᵉ les moyens de reconnaître les situations de violence et les moments où ils pourraient être en danger», a-t-elle expliqué. Trois ateliers sont prévus pour accompagner les élèves. Le premier, consacré à l’écriture et à la lecture, leur permettra de s’exprimer et de partager leurs émotions. Le deuxième portera sur l’expression corporelle, notamment à travers le Shigoma, une danse qui favorise l’extériorisation des émotions par le mouvement. 


Enfin, un atelier d’autodéfense leur apprendra des techniques pour réagir face à certaines situations dangereuses. «L’autodéfense vise à permettre aux enfants de se protéger. Même s’ils ne seront pas amenés à affronter physiquement un agresseur dans la réalité, ils pourront au moins se sortir d’une situation d’urgence», a précisé Zayone Yahya. Malgré ces ambitions, l’association fait face à des difficultés financières.

 La vice-présidente reconnaît que les moyens disponibles sont moins importants que lors des éditions précédentes. «Nous n’avons pas de subvention financière, mais tout ce que nous réalisons provient des dons de quelques partenaires et aussi de nos propres poches. Ce qui fait que cette année, les actions seront limitées», a-t-elle regretté.
Au-delà des  établissements scolaires, Mvukisho ye Massiwa appelle également les parents à renforcer le dialogue avec leurs enfants. 


Zayone Yahya insiste sur l’importance de l’écoute et de la confiance pour permettre aux jeunes de parler librement des situations difficiles qu’ils pourraient rencontrer.
L’association rappelle enfin qu’aucune victime ne doit être stigmatisée ni rendue responsable des violences subies. Pour elle, la prévention passe aussi par la capacité de l’entourage à écouter, soutenir et protéger les victimes, sans les exposer au jugement.