Entre passion et tradition, les apiculteurs peinent à faire de la filière un véritable levier de développement. Souvent perçue comme une activité de second ordre, l’apiculture reste un métier peu valorisé dans le pays malgré ses bienfaits nutritifs et sanitaires, son importance économique, environnementale et alimentaire.

 

La journée mondiale des abeilles a été célébrée ce mercredi 20 mai, à l’Alliance française de Moroni, à travers plusieurs activités organisées à l’occasion. Une occasion pour revenir sur l’activité d’apiculture qui reste un métier peu valorisé dans le pays malgré son importance économique, environnementale et alimentaire.


Entre «manque d’accompagnement, difficultés de commercialisation et faible visibilité», plusieurs apiculteurs tentent pourtant de maintenir cette activité qui peine encore à se faire une place dans le tissu économique local. «Il y a presque 3 ou 4 ans que je suis dans le métier. Mais avant cela, je vendais uniquement. Après, je me suis rendu compte qu’il y a énormément de difficulté à s’en procurer», a indiqué l’apiculteur Abdoulhakim Zaki, avant de dévoiler une formation suivie l’ayant permis de se lancer dans le métier. 


Pour lui, ce qui l’a motivé, c’est son amour  pour le miel ainsi que les bienfaits et les opportunités qu’offre ce produit naturel. «J’ai compris par la suite que le métier a des opportunités. La demande du miel de qualité est grandissante. Les gens en redemandent constamment et la récolte se fait avec mes collègues», a-t-il fait savoir. 


Abdoulhakim Zaki a tenu à souligner les difficultés rencontrées notamment liées au transport. «En effet, je me trouve loin, je suis à Moroni alors que notre zone de d’approvisionnement se situe à Male ya Mbadjini. Le miel se trouve sur des gros arbres, pas facile à arpenter. C’est le plus compliqué à réaliser. Parfois tu peux en trouver et parfois non, selon les périodes. Néanmoins dans la phase de commercialisation, j’ai quand même des clients environ dans la cinquantaine qui viennent acheter du miel et aussi l’huile de coco. Ces derniers ont donné un retour favorable dont je me réjouis», a-t-il expliqué.

L’apiculteur veut promouvoir son business, en intensifiant sa commercialisation dans les supermarchés et les pharmacies médicales. Cependant, il regrette de ne pas bénéficier du soutien des autorités ou des partenaires. «J’aurais beaucoup aimé trouver un financement, pour fabriquer les récipients, par exemple, dans les zones où c’est plus difficile de cueillir, afin de faciliter la conservation avant d’effectuer la récolte. Il faut aussi construire des sites pour avoir une production plus sûre, authentique, qualitative et visible. Cela aiderait aussi à promouvoir le produit afin d’atteindre une large clientèle car celle-ci est également nécessaire pour la santé de l’homme», a conclu Abdoulhakim Zaki.