L’inauguration de l’atelier Shams médical marque un tournant décisif pour le paysage sanitaire. C’est ce que l’on retient des différentes interventions tenues à l’occasion de la cérémonie officielle de lancement, tenue le jeudi 9 juillet dernier dans les locaux de l’atelier sis à Moroni-Magudju, en présence du directeur et porteur de projet, Saïd Hassane Admer, du directeur du Chn El-Maarouf, Aboudou Assoumani et des représentants de l’Union des Sanduk de Ngazidja, Saïd Youssouf et du représentant d’Expertise France, Clyde Vacher.
Ainsi, le directeur de Shams médical, Saïd Hassance Admer, a fait savoir que son atelier propose des services essentiels et jusqu’ici sous-approvisionnés aux Comores : importation, installation, réparation et surtout maintenance préventive des dispositifs médicaux. Et de préciser que Shams médical a déjà transformé l’essai en signant des contrats majeurs, notamment avec le tout nouveau Chu El-Maarouf. Pour lui, l’enjeu dépasse la simple sphère commerciale. «La santé aux Comores ne peut plus reposer exclusivement sur l’importation de solutions extérieures ou sur le renouvellement constant d’équipements dont la durée de vie est prématurément abrégée par un manque de suivi. En allongeant la durée de vie de nos machines [...] nous sauvons des vies en garantissant que, le moment venu, l’appareil sera en état de fonctionner », a-t-il soutenu, appelant le gouvernement à l’accompagner pour «institutionnaliser la maintenance préventive comme une priorité de santé publique».
L’écosystème entrepreneurial local
Le représentant du directeur d’Expertise France Comores, Clyde Vacher, a salué Saïd Hassane Admer pour avoir porté un projet d’une telle envergure, soulignant qu’il est financé par l’Agence française de développement (Afd) et Expertise France à hauteur de 20 000 €, via le programme «Projet Diaspora». Selon lui, «cette entreprise illustre parfaitement ce que le Projet Diaspora a souhaité encourager qui n’est autre que le retour de compétences de la diaspora comorienne au service du développement du pays». Et de poursuivre que le projet a également bénéficié dès ses débuts de l’accompagnement de l’Anpi et de l’Anaden pour structurer son insertion dans l’écosystème entrepreneurial local. «Au total, plus de 45 000 € ont déjà été investis dans cet outil de travail de pointe», a-t-il souligné.
Pour le représentant de l’Union des Sanduk de Ngazidja, le chef des opérations et analyse financière, Saïd Youssoufa, ce projet à forte valeur ajoutée a immédiatement séduit les financeurs locaux. Il a réitéré la confiance de son institution envers Shams médical en lui accordant un financement significatif. «L’Union des Sanduk a pour vocation d’accompagner les projets porteurs de valeur, de création de richesses et d’emplois», a rappelé Saïd Youssoufa, positionnant la structure comme le point d’ancrage financier de cette transition biomédicale.
L’avenir de Shams médical s’écrira aussi à travers la transmission. L’entreprise projette déjà la création d’une salle de formation dédiée aux Comores pour former la future génération de techniciens locaux. Un élan qui séduit déjà les futurs cadres, à l’instar d’Aicham, étudiante comorienne en ingénierie biomédicale à l’Université Paris Cité, qui a choisi d’y effectuer son stage de fin d’études. Le directeur du Chn El-Maarouf, Aboudou Assoumani, a salué la portée de ce projet qui est une lourde tâche pour ceux qui s’occupent de la maintenance des équipements médicaux insistant sur le fait que vu les moyens que dispose le pays, cela favorisera leur durée.




