À Moroni, les vendeurs de rue s’acquittent chaque mois d’une patente comprise entre 3 000 et 6 000 francs. Si tous reconnaissent la légitimité de cette taxe, plusieurs dénoncent son poids sur leurs revenus.

 

Des étals de beignets, samboussas, arachides, bonbons ou encore de petits produits alimentaires occupent quotidiennement les trottoirs et les rues de la capitale. Pour de nombreuses familles, ce commerce de proximité constitue la principale source de revenus. En contrepartie, les marchands de rue de la capitale sont soumis au paiement d’une patente municipale comprise entre 3 000 et 6 000 francs par mois. Si la majorité reconnaît le droit de la mairie de percevoir cette taxe, plusieurs estiment qu’elle pèse lourdement sur leurs revenus, déjà affectés par la hausse du coût de la vie.


Assma M’madi, vendeuse de beignets, samboussas, bonbons et arachides, affirme verser 6 000 francs par mois à la mairie. Si elle considère que «payer une taxe à la mairie est un droit», elle juge néanmoins ce montant trop élevé au regard de ses recettes quotidiennes. «Cette taxe est trop chère», insiste-t-elle. D’après elle, la hausse des prix et la faiblesse de ses revenus ne lui permettent ni d’épargner ni de subvenir convenablement aux besoins de sa famille. Elle précise toutefois que les agents municipaux ne la contraignent pas à payer.


Même constat pour Echata Djamal, mère de trois enfants et vendeuse d’arachides et de bonbons. Elle estime que cette taxe réduit sa capacité à faire des économies, d’autant que le paiement du loyer absorbe une grande partie de ses revenus. Malgré ces difficultés, elle reconnaît la légitimité de la démarche de la mairie. «C’est leur droit de venir réclamer des taxes», dit-elle. D’autres commerçants portent un regard plus nuancé.

 Hadidja Hakim, qui verse 3 000 francs par mois, estime que «la mairie a tout à fait le droit de me taxer». Bien qu’elle reconnaisse que sa situation financière reste précaire, elle considère cette contribution comme une obligation liée à son activité. Pour Darmine Djamaliya, qui tient un étal avec son épouse, la taxe mensuelle de 3 000 francs reste «abordable».

 Selon lui, leur commerce permet de financer la scolarité de leurs quatre enfants. Il reconnaît que la mairie intervient en cas d’arriérés, mais juge cette démarche normale. «Chaque personne qui exerce une activité dans la capitale doit payer une taxe», affirme-t-il. En somme, si aucun ne remet en cause le principe d’être taxé, plusieurs souhaitent que le montant de la taxe soit revu afin de mieux tenir compte de la réalité de leurs revenus.