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Mariage précoce : vers un plan d’action national de lutte

Mariage précoce : vers un plan d’action national de lutte

Société | -   Ahmed Zaidou

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Une trentaine de personnes prend part depuis hier lundi à un atelier de concertation communautaire consacré à la lutte contre le mariage précoce et à la prévention des arrangements à l’amiable. La rencontre s’est tenue à l’hôtel Karama, à Mutsamudu, à l’initiative de la Croix-Rouge française, avec pour objectif principal la formulation de propositions en vue de l’élaboration d’un plan d’action national. Durant deux jours d’échanges, juristes, cadis et représentants d’associations confrontent leurs expériences et leurs analyses.

Plusieurs axes ont structuré les discussions, notamment l’accès à la justice, les mécanismes de prise en charge et de référencement des victimes, ainsi que les conséquences sociales et juridiques du mariage précoce, les arrangements à l’amiable et les normes internationales en vigueur. Financée par la CroiCrf, l’activité est organisée par la Délégation aux droits de l’homme auprès du ministère de la Justice.Les organisateurs ont insisté sur la nécessité de transformer les recommandations en actions concrètes.


S’exprimant à cette occasion, Yssouf Ismael Madi, délégué aux droits de l’homme au ministère de la Justice, est revenu sur les objectifs de la rencontre. «Ce sont deux jours de travail avec un objectif clair à long terme : réduire, voire éradiquer les violences basées sur le genre dans le pays. Les recommandations issues de cet atelier s’inscrivent dans une mission régalienne de l’État que nous suivons à la lettre. Qu’il s’agisse des violences basées sur le genre (Vbg), du mariage précoce ou de l’accès à la justice, ce sont trois thématiques prioritaires pour le ministère», a-t-il souligné.

Le délégué a rappelé l’importance de l’implication des leaders locaux. «Les participants à cet atelier sont des leaders appelés à servir de relais dans leurs communautés. Nous avons un message commun à transmettre et l’objectif est de toucher le maximum de personnes. C’est pourquoi plusieurs profils sont représentés. Nous devons tous contribuer pour atteindre zéro violence et zéro mariage précoce. La délégation des droits de l’homme défend les droits fondamentaux, notamment le droit au mariage, mais pas avant 18 ans», a-t-il précisé.

Du côté de direction de la promotion du Genre, l’accent est mis sur l’adaptation aux réalités du terrain. Sittina Echat Salim, directrice à Ndzuani, a souligné la pertinence de ce type de rencontres. «Ces échanges sont d’une grande importance pour notre secteur d’activité. Nous faisons face quotidiennement à de nouveaux cas et à de nouvelles informations.

Il est essentiel d’adapter les recommandations aux réalités du terrain et de parler le même langage dans nos interventions», a-t-elle expliqué. La responsable a enfin alerté sur la banalisation de certaines pratiques. « Nous avons normalisé beaucoup de comportements qui peuvent avoir de lourdes conséquences, surtout lorsqu’il s’agit d’enfants. C’est ensemble, avec le soutien de toutes les couches de la société, que nous pourrons gagner ce combat contre un fléau qui reste difficile à éradiquer», a-t-elle conclu.

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