Après une rencontre avec les préfets et les maires, le premier flic du pays a défendu sa note qui, selon lui, vise à assurer le bon fonctionnement de l’administration et la continuité du service public.

 

La note circulaire du ministre de l’Intérieur sur l’organisation des cérémonies coutumières n’en finit pas de faire parler. Face aux incompréhensions que la mesure a suscitées, depuis samedi, le premier flic du pays, Mohamed Ahmed Assoumani, s’est exprimé, hier lundi 20 juillet, devant la presse pour apporter des précisions sur sa décision. 


En présence des préfets et des maires, le ministre a nié avoir interdit la célébration des mariages traditionnels. «Je leur ai adressé une note circulaire juste pour rappeler que l’État a récemment publié un arrêté qui règlemente les horaires de travail. Nous tous souhaitons un jour célébrer l’union coutumière de nos proches et enfants. Seulement, les maires ne peuvent pas autoriser un mariage public, notamment un madjiliss durant les heures de travail. Ils sont les représentants de l’État dans les régions et communes et ne peuvent pas violer la loi », a estimé le ministre qui appelle les maires et préfets à faire respecter sa circulaire.

Aucune interdiction des mariages
 
«Les vendredis, dès 12h, le champ est libre. Je martèle que nous n’avons pas interdit les mariages coutumiers. Les nikkah dans le cadre privé ne sont pas concernés.  Nous voulons préserver le fonctionnement de l’administration car les citoyens ont des droits envers les services d’État. Ce n’est pas une mesure propre des Comores. En France, nos frères de la diaspora, n’organisent jamais des mariages avant les week-ends. Je ne comprends pas tout ce bruit», a souligné le ministre Mohamed Ahmed Assoumani qui a laissé entendre que les sanctions infligées aux agents des services sous sa tutelle ne résolvent pas forcement le problème.


Depuis samedi, cette note circulaire qui appelle les préfets et maires à ne pas autoriser les manifestations à caractère coutumier durant les après-midis des jours ouvrables fait beaucoup parler. «Les préfets et les maires sont chargés de sensibiliser les autorités coutumières, les chefs de villages les organisateurs ainsi que l’ensemble des administrés sur la nécessité de respecter cette mesure, qui vise exclusivement à préserver le bon fonctionnement des services publics et à garantir aux usagers un service administratif régulier et efficace conformément aux horaires de travail», a indiqué la circulaire.

Pour certains, «empêcher quelqu’un de célébrer son mariage parce que les fonctionnaires fuiraient le travail n’a aucun sens». Pour d’autres, il faudrait sanctionner les agents fautifs». C’est la cas de nombreux internautes qui ont partagé leurs avis sur Facebook, où la circulaire est apparue en premier. D’autant que le 20 avril, le ministre de la Fonction publique a publié un arrêté fixant les modalités de retenue sur salaire applicables aux fonctionnaires et agents de l’État en cas d’absence ou de retard injustifiés. Selon l’article 4, les absences et retards sont constatés par les directions des ressources humaines ou par toute autorité administrative habilitée. Un registre de présence ou un système de pointage est utilisé à cet effet. L’application des textes est la seule solution, tranchent de nombreux citoyens qui rappellent que l’État compte seulement quelques 13 500 fonctionnaires, soit moins de 2% de la population comorienne. Ainsi, la sanction ne peut-être collective.