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Mariages I Les couronnes en plastique pointés du doigt

Mariages I Les couronnes en plastique pointés du doigt

Société | -   Mairat Ibrahim Msaidie

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Dans les cérémonies de mariage, l’usage des couronnes en plastique divise de plus en plus. Jugés inconfortables, peu esthétiques et polluants, ils sont rejetés par de nombreuses femmes qui appellent à privilégier le jasmin, symbole local et respectueux de l’environnement.


Dans les mariages, les couronnes en plastique se sont imposées au fil des années. Mais leur présence est aujourd’hui critiquée. Pour beaucoup de femmes, ils ne présentent aucun avantage. «Je fais ma petite coupe et d’un coup on vient te mettre ces couronnes qui gâchent tout le travail que j’ai entrepris», regrette maman Issa, rencontrée lors d’une cérémonie. Comme d’autres, elle confie que ces accessoires finissent entassés chez elle, «si tu venais chez moi, tu croirais que je suis une collectionneuse tellement j’en ai plein», dit-elle en souriant.


Loin d’être uniquement une question d’esthétique, le confort est également en cause. «Ces couronnes serrent trop fort le crâne, ils donnent mal à la tête», déplore Faniya Dalila. Selon elle, ils ne représentent «ni un honneur, ni une fierté», mais plutôt une contrainte. L’aspect environnemental nourrit aussi la polémique, «nous voyageons à l’autre bout du monde pour acheter ces objets qui viennent polluer notre pays. Alors que nous avons chez nous des fleurs magnifiques que nous pouvons cultiver et offrir», insiste-t-elle.

Le jasmin, une alternative locale et valorisante

Face à ces critiques, de plus en plus de voix s’élèvent en faveur des fleurs locales, notamment le jasmin (anfu). Élégant, parfumé et agréable à porter, il est travaillé par des artisanes qui en font des colliers ou de délicates parures. Martine Mohamed, artisane à Ndzuani, se réjouit de cet engouement, «c’est un plaisir de voir les femmes porter ces fleurs qui valorisent notre travail. Les commandes augmentent, et cela me rend fière», confie-t-elle. Pour elle comme pour d’autres, le jasmin est plus qu’un accessoire. Il représente une façon de préserver un héritage, de soutenir l’économie locale et de réduire la dépendance aux produits importés. «Mettons en lumière les personnes qui cultivent et travaillent nos fleurs. Arrêtons d’acheter des futilités qui détruisent notre terre», conclut Faniya Dalila.

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