Le préfet du Sud-Est, Mze Saïd Mhoumadi, a publié une note d’information interdisant, jusqu’à nouvel ordre, toute manifestation à caractère politique ou religieux dans la région de Mbadjini-Est. Cette décision intervient dans un contexte particulièrement sensible marqué par l’émotion suscitée par l’assassinat de Naïcha Abdou, à Dzahadjou la Mbadjini . Selon le préfet, cette mesure vise à «prévenir tout risque de trouble à l’ordre public après des informations faisant état de préparatifs de manifestations visant d’autres desseins».
D’après lui, ces rassemblements pourraient être motivés par des desseins autres que l’expression de la solidarité envers la victime et sa famille. «J’ai des renseignements montrant que des personnes politiques de la diaspora, en collaboration avec des citoyens de la région de Mbadjini, veulent utiliser l’image de la regrettée Naïcha Abdou à des fins politiques et provoquer des troubles à l’ordre public. C’est ainsi que j’ai voulu les mettre en garde en avance», a expliqué Mze Saïd Mhoumadi.
Entre impératifs de sécurité expression du deuil
La publication de cette note préfectorale a rapidement suscité des réactions au sein de la population. Pour Harouna Mze Saïd, cette décision constitue «une mauvaise interprétation du sentiment qui anime actuellement les habitants de la région». Selon lui, les citoyens veulent exprimer avant tout leur douleur et leur indignation face à la perte tragique de Naïcha Abdou. Il a estimé que la communauté locale n’a pas encore consommé son deuil et continue de réclamer que justice soit rendue à la victime.
«Le préfet transforme une manifestation légitime de mécontentement en une question politique, alors que la population attend toujours que justice soit faite», a-t-il déploré. D’autres voix soutiennent toutefois la position des autorités. C’est notamment le cas de Mhamadi Abdou, qui considère que la mobilisation populaire a déjà largement démontré l’émotion suscitée par ce drame.
Il a ainsi rappelé qu’une importante manifestation s’est déjà tenue et que, depuis l’annonce du décès, des citoyens venus de tous les villes et villages de Ngazidja continuent d’affluer à Fumbuni pour présenter leurs condoléances à la famille de la défunte.
Alors que l’enquête se poursuit et que l’émotion demeure vive dans la région, la décision du préfet met en lumière les divergences d’appréciation sur les formes que doit prendre la mobilisation citoyenne autour de cette affaire. Entre impératifs de maintien de l’ordre public et expression du deuil collectif, le débat reste ouvert au sein des habitants de Mbadjini.

