À Mbuyuwamadji, près de Wanani, Saïd Hamada Issouf cultive bananes et manioc sur neuf hectares. Malgré une production abondante, l’accès difficile et le transport maritime freinent la commercialisation.

 

À 12 kilomètres en amont de la ville de Wanani se trouve le champ de Saïd Hamada Issouf, connu sous le pseudonyme de Chemi. Âgé d’une quarantaine d’années et natif de Wanani, il travaille également à la société nationale des télécommunications Comores Telecom, au site de Wanani, en qualité d’agent commercial. Son exploitation, d’une superficie totale de neuf hectares, est située dans la forêt de Mbuyuwamadji, à l’est de l’île, à proximité des côtes. L’accès au site est difficile : il faut parcourir un relief montagneux à pied pour s’y rendre. Sur environ quatre hectares, l’agriculteur cultive exclusivement de la banane et du manioc. Plus de 6 000 pieds de bananiers y sont plantés. Chemi explique avoir bénéficié il y a plus de 10 ans, d’une formation d’un mois en Chine dans le domaine agricole. «C’est à partir de cet apprentissage que je me suis investi dans ce secteur.

 Aujourd’hui, travailler au champ est devenu une passion plus qu’une obligation», confie-t-il. Il partage son temps entre ses deux activités : «Chaque matin, je fais un passage dans mon champ, même si je ne plante que deux pieds de bananier, avant de rejoindre mon poste l’après-midi.»
Malgré son engagement, l’éloignement de l’exploitation complique l’acheminement des récoltes vers les centres urbains. Une partie importante de la production se détériore faute de moyens de transport adaptés. En période de récolte, il peut produire jusqu’à cinq tonnes de manioc par saison.

Cinq tonnes de manioc par saison

Pour transporter ses produits, il doit louer une vedette et recruter de la main-d’œuvre afin d’acheminer la marchandise jusqu’à la plage, avant de la transférer vers Djwaezi, puis vers Fomboni en moto-benne. Cette logistique dépend fortement des conditions climatiques et de ses capacités financières. «Lorsque la mer est agitée, aucune embarcation ne peut accoster. Et si je ne dispose pas de moyens pour payer la main-d’œuvre, les pertes sont importantes», explique-t-il. Face à ces difficultés, Chemi sollicite l’appui de l’État, soit par la mise à disposition d’une embarcation, soit par l’aménagement d’une voie d’accès praticable pour faciliter le transport de ses produits vivriers.