Face aux menaces sanitaires émergentes, dont Ebola dans le bassin du Congo, les États membres de la Commission de l’océan indien renforcent leur coopération pour améliorer la détection, la prévention et la riposte aux frontières.

 

Les États membres de la Commission de l’océan indien (Coi) s’emploient à renforcer leur coopération en matière de surveillance sanitaire aux frontières, dans un contexte marqué par la propagation du virus Ebola dans le bassin du Congo. Dans ce cadre, des représentants des Comores, de Madagascar, de Maurice, des Seychelles et de La Réunion ont pris part à un atelier régional consacré au renforcement des capacités aux postes-frontières, organisé à l’île Maurice du 22 au 25 juin 2026.


Organisée par la Coi à travers le réseau Sega-One Health (une plateforme régionale de coopération sanitaire créée en 2009), cette rencontre a réuni les responsables de la surveillance aux frontières, les points focaux du Règlement sanitaire international (Rsi) ainsi que des experts régionaux. 

La mise en réseau des expertises et des institutions

L’objectif était de «partager les expériences, les bonnes pratiques et les défis rencontrés dans la mise en œuvre des dispositifs de contrôle sanitaire dans les ports et les aéroports de la région », indique un communiqué des services de communication de la Coi.
Dans un contexte marqué par la propagation du virus Ebola dans le bassin du Congo, les participants ont réaffirmé l’urgence et l’importance d’une coopération régionale renforcée afin de prévenir, détecter et répondre efficacement aux menaces sanitaires. « Pour nos îles, les ports et les aéroports sont nos seules portes d’entrée et de sortie. C’est là que se joue une partie essentielle de notre capacité collective à prévenir, détecter et répondre aux menaces sanitaires», a déclaré le Dr Ibrahim Norbert Richard, secrétaire général de la Coi. Selon lui, l’un des principaux acquis de cette rencontre réside dans la volonté commune de renforcer davantage la coordination régionale et de poursuivre les efforts engagés pour harmoniser les approches de surveillance aux points d’entrée.

Des dispositifs à mettre en place

Même son de cloche pour Laëtitia Habchi, directrice de l’Agence française de développement (Afd) pour Maurice et les Seychelles, qui estime que les postes-frontières occupent une place stratégique. «Qu’il s’agisse des ports, des aéroports ou des autres points de passage internationaux, ils représentent une première ligne de défense essentielle. Leur capacité à détecter précocement les risques sanitaires, à déclencher l’alerte et à mettre en œuvre les mesures appropriées contribue directement à la protection des populations et à la limitation de la propagation des maladies», a-t-elle dit. Elle a ajouté : «C’est dans cette perspective que l’Afd soutient la Commission de l’océan indien à travers le projet Sécurité sanitaire en Indopacifique, doté d’un financement de 6,5 millions d’euros».


Selon elle, l’une des principales forces du projet Ssip réside dans son approche intégrée et régionale, fondée sur la mise en réseau des expertises et des institutions. «Cette dynamique favorise le partage d’expertise, le renforcement des compétences et la mise en œuvre de réponses coordonnées face aux menaces sanitaires émergentes », a-t-elle ajouté.
Au cours de l’atelier, les délégations ont présenté les dispositifs mis en place dans leurs pays respectifs ainsi que les enseignements tirés des évaluations réalisées aux points d’entrée. «Les échanges ont permis d’identifier des priorités communes en matière de surveillance, de préparation et de riposte, mais également de mettre en lumière plusieurs initiatives et bonnes pratiques susceptibles d’être adaptées à l’échelle régionale », mentionne le communiqué de la Coi.


Parmi les priorités qui pourront être mises en œuvre dans le cadre du réseau Sega-One Health figurent l’organisation d’exercices de simulation intersectoriels réunissant les autorités sanitaires, douanières et aéroportuaires, la mise à niveau concertée des équipements de détection et de protection dans l’ensemble des points d’entrée régionaux, la formation continue des équipes de terrain ainsi que l’élaboration de protocoles rigoureux pour la surveillance post-frontière, une fois les voyageurs entrés sur les territoires des États membres.


À l’issue de l’atelier, les participants ont effectué une visite technique à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam, au port de Port-Louis ainsi qu’aux Communicable Disease Control Unit de Beau-Bassin. Une visite qui leur a permis d’observer les mécanismes opérationnels de surveillance sanitaire mis en œuvre à Maurice. « Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet Sécurité sanitaire en Indopacifique, mis en œuvre par la Commission de l’océan indien avec le soutien de l’Agence française de développement. Ce projet vise à renforcer les capacités régionales de surveillance, de préparation et de riposte face aux menaces sanitaires émergentes », précise le communiqué.