Le ministère du Genre a exprimé, samedi 23 mai, sa profonde émotion après le meurtre de la jeune Naicha Abdou M’madi Milendje, originaire de Fumbuni. Les autorités appellent à une application stricte de la loi face à la recrudescence des violences aux Comores.

 

Au lendemain de la découverte macabre du corps de Naicha Mmadi Abdou Milendje, jeune fille portée disparue depuis le 19 mai dernier, le ministère de la Promotion du Genre a tenu, samedi 23 mai, un point de presse dans ses locaux pour présenter ses condoléances à la famille de la victime et exprimer son inquiétude face à la recrudescence des violences dans le pays. 

Un message de soutien à la famille

Entourée de la directrice générale du Genre et des employés du ministère, la ministre Fatima Ahamada a dénoncé un crime qui «a bouleversé tout le pays». Très émue, elle a affirmé que «chaque personne aux Comores a été profondément touchée par cette atrocité». Selon elle, l’annonce de la disparition de la jeune Naicha Abdou avait suscité l’espoir de la retrouver saine et sauve. Mais la confirmation de sa mort, vendredi au coucher du soleil, a plongé la population dans la stupeur. «Chaque personne s’est sentie paralysée face à l’atrocité des faits », a-t-elle déclaré.


La ministre a rappelé que les Comores ont toujours été considérées comme «un pays de paix», cependant, elle a regretté la multiplication de crimes violents ces derniers mois. Elle a qualifié ce drame de «deuil national» et a appelé la justice à faire toute la lumière sur cette affaire. « Le meurtrier est entre les mains de la justice. Nous attendons que la loi soit appliquée afin que cela serve de leçon et que plus jamais de tels actes ne se reproduisent », a-t-elle insisté. Fatima Ahamada a également alerté sur la montée de la délinquance juvénile et des comportements à risque chez certains jeunes, évoquant notamment la consommation d’alcool et les mauvaises fréquentations. Elle a appelé les responsables des villages, les autorités locales ainsi que les forces de sécurité à renforcer la vigilance et la protection des citoyens. «Ce combat ne peut pas être mené seul. Nous devons nous unir pour protéger nos enfants et notre société», a-t-elle souligné, avant d’adresser un message de soutien à la famille endeuillée, l’invitant à garder patience et la confiance en la justice.


De son côté, la directrice générale du Genre, Mouzna Djoumoi, a présenté, elle aussi, ses «sincères condoléances à toute la population comorienne ainsi qu’à la famille de Naicha». Elle a réaffirmé l’engagement du ministère dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux mineurs. Pour elle, ce nouveau drame illustre une situation devenue préoccupante. «Le ministère ne peut pas rester silencieux face à ces actes barbares», a-t-elle déclaré, rappelant qu’il s’agit déjà du deuxième cas dramatique recensé en moins d’un an, après notamment l’assassinat présumé du jeune Abderahmane, âgé de 12 ans. Mouzna Djoumoi a appelé les autorités judiciaires à poursuivre les enquêtes et à appliquer la loi avec fermeté. Elle a également lancé un appel à la mobilisation nationale contre les violences. «Le premier droit humain est celui de vivre en sécurité et en paix, sans peur de subir des violences», a-t-elle affirmé. Le ministère du Genre promet de poursuivre les discussions et les actions de sensibilisation à mesure que l’enquête judiciaire avancera sur cette affaire qui continue de choquer les comoriens.