Suivant l’évolution du Karthala grâce à ses capteurs déployés sur l’île, l’observatoire volcanologique a qualifié les mouvements ressentis, la semaine dernière, de secousses normales.
L’observatoire volcanologique du Karthala (Ovk) a réagi, hier lundi 13 avril, suite aux secousses ressenties par les habitants de Mirontsi ya Itsandra. Tard dans la nuit du vendredi, la localité a été secouée par un «petit» séisme qui n’a pas fait de dégâts, ni matériels ni humains, juste la peur engendrée par les tremblements qui, selon un témoignage, a duré environ une minute.
Le microséisme de vendredi n’a rien d’inquiétant
Tout s’est passé entre 1 heure et 2 heures du matin. «Le séisme était fort. J’ai eu peur jusqu’à me réveiller», a rapporté un habitant qui a vécu le phénomène qui, pourtant, n’aurait pas été ressenti par les villages voisins, notamment à Salimani, d’après nos informations. En gros, ce mini-tremblement a tout sauf «d’inquiétant». Du moins selon les explications du directeur de l’Ovk, Saidou Bambaouma. Ce dernier, interrogé sur ce sujet hier lundi par Al-watwan, a tenu à rassurer les habitants de la zone d’Itsandra en particulier, et ceux de l’ensemble de l’île en général.
«Nos machines n’ont pas capté ce mouvement. Si les secousses étaient anormales, les capteurs l’auraient indiqué. Nous en disposons un réseau qui renvoie les données quotidiennement à notre centre situé ici au Cndrs», a affirmé le chef de l’Ovk. Ce dernier rappelle que l’observatoire est un département du Cndrs qui s’appuie sur l’expertise de trois services, dont un de sismologie. «Ils compilent tous les jours les données de l’activité.
Donc, il y a un travail de suivi permanent.
Dès que des mouvements augmentent inhabituellement, nous le voyons et prenons les mesures qui s’imposent. Jusqu’ici, les secousses ressentis à Mirontsi s’apparentent à des activités internes du volcan. Même le capteur de Bahani n’a rien enregistré, alors qu’il est le plus proche de la zone», a rassuré M Bambaouma qui a ajouté que ces microseismes peuvent survenir partout sans que la zone concernée ne soit forcément proche géographiquement du cratère.
Le chef de l’Ovk a noté qu’en ce moment, ils suivent le volcan grâce à une dizaine de stations sismiques installées dans des régions spécifiques. «Ce sont des capteurs qui, pour la plupart, nous ont été remis sous forme de dons par des partenaires. Malheureusement pour des raisons de moyens, il nous est parfois difficile d’assurer leur entretien», a déploré le directeur de l’observatoire qui, actuellement, travaille avec 7 personnes, dont deux recrutés par le Pnud pour les appuyer.
Il a souligné qu’en cas d’alerte jaune, ils ne communiquent qu’avec la Direction générale de la sécurité civile (Dgsc). Preuve que le microséisme de vendredi n’a rien d’inquiétant, l’Ovk n’avait pas jugé utile d’informer la Dgsc. En août 2021, alors que le pays était placé en alerte jaune, la Sécurité civile était en constante mobilisation, dans l’attente d’un éloignement de la menace. Depuis cette période, aucune activité suspecte n’a été détectée par les spécialistes de l’Ovk. À l’époque, un regain intense d’activité sismique avait été constaté.



