Hassani Ibrahim est, depuis le 22 mars 2025, suspendu de ses fonctions et interdit d’accéder au ministère, suite à un incident l’impliquant, survenu dans une chancellerie étrangère.
Les faits remontent au 21 mars 2025. Agent du protocole d’État au sein du ministère des Affaires étrangères, Hassani Ibrahim est chargé par son supérieur hiérarchique de déposer un courrier dans une ambassade étrangère. «Mon supérieur hiérarchique, que je considère comme un ami et grand frère, me demande de lui rendre un service en dehors des heures de travail. Je me rends dans la chancellerie», commence Hassane dans un long courrier, dans lequel il livre sa version des faits. «Je suis reçu par une équipe de sécurité. Lors du contrôle, ma carte d’identité est retenue. En voulant la récupérer, un agent de sécurité m’interpelle et m’agresse verbalement pour avoir posé une simple question sur l’endroit où se trouvait ma pièce. J’ai répondu poliment que j’étais un agent du ministère. Je récupère ma carte et quitte l’ambassade», poursuit le fonctionnaire, qui assure que son chef n’a pas tenu compte de l’incident.
Pour preuve que son chef ne lui a pas tenu rigueur, ce dernier le renvoie au même endroit avec la responsable des ressources humaines du ministère le même jour. «Je m’y rends, accompagné de Nasfat qui dépose l’enveloppe à ma place. Mon chef me rappelle vers 14 heures alors que je me trouvais de la zone de la station Mamora pour que je récupère le même courrier. J’obéis, accompagné de Nasfat. Une fois le courrier récupéré, un agent de sécurité se jette sur moi, m’agressant physiquement. Nous avons eu un échange musclé devant les caméras de surveillance et sous les yeux de la responsable des ressources humaines », raconte-t-il. Après ces évènements, il sera suspendu par le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Mbae. La mesure précise que le fonctionnaire est interdit d’entrée au ministère.
Le 17 novembre, l’agent du protocole se tourne vers la section administrative de la cour suprême pour réclamer l’annulation de sa suspension et des réparations. Il faut noter que cette prérogative est prévue dans l’article 163 de la loi organique de la haute cour. Celui-ci dispose que la chambre contentieuse de la section administrative est compétente «pour connaitre en premier et dernier ressort des recours dirigés contre les actes règlementaires des ministres et des autres autorités à compétence nationale». Notons que la section administrative est composée de deux chambres, la contentieuse et la consultative.
Jamais auditionné
La chambre contentieuse examine et statue sur les litiges entre les citoyens ou les entités et l’administration publique. «Elle est compétente pour les recours en cassation dirigés contre les décisions des juridictions administratives inférieures et pour les affaires dont elle est saisie en premier ressort. Son objectif est de garantir que les actes administratifs respectent les lois en vigueur», précise le site de la cour suprême. Le recours introduit par Hassani Ibrahim a été jugé le jeudi 15 janvier dernier, en l’absence du ministre des Affaires étrangères. Il n’a pas non plus envoyé un avocat. Le délibéré sera connu le 29 janvier prochain. «Le rapporteur a seulement lu le rapport et le juge a demandé si mes réclamations ont été mentionnées. J’ai répondu par l’affirmative», a confié le fonctionnaire, selon qui le parquet a demandé que le recours soit déclaré irrecevable parce que le délai de deux mois est dépassé.
D’après nos informations, il est reproché au requérant d’avoir eu «un comportement déplacé dans l’enceinte d’une représentation diplomatiques», un endroit où le respect strict des dispositions de la convention de Genève s’impose, surtout pour un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères.
Dans son courrier, Hassani Ibrahim, dénonce pour sa part une suspension qui ne respecte pas les textes. Le 22 mars, il a reçu une note l’informant de son éviction pour manquements graves observés et constatés. «Mais je n’ai jamais été entendu par une instance disciplinaire, ni informé officiellement du motif exact. On évoque une allégation de brise de verrou. J’ai donc été condamné par une note de service sous l’effet de la pression» estime le fonctionnaire..


