Des instructeurs de l’US Army, avec à leur tête le brigadier général Mattew W. Brown, ont été reçus par le directeur de cabinet chargé de la Défense, Youssoufa Mohamed Ali, avant des échanges avec le chef d’Etat-Major de l’Armée nationale de développement (And), le Général de brigade Youssouf Idjihadi à Kandaani et des exercices simulés en opérations d’intervention au centre d’instruction d’Itsundzu.

 

La formation des forces armées comoriennes, l’appui opérationnel et la sécurité maritime ont été au cœur des échanges entre les autorités en charge de la Défense et une mission militaire américaine, arrivée à Moroni, vendredi 23 janvier, et conduite par le Général de Brigade Mattew W. Brown, commandant de la force interarmées américaine pour la Corne de l’Afrique (Cjtf-Hoa) basée à Djibouti. Le directeur de cabinet du chef de l’Etat en charge de la Défense, parle d’une visite axée sur «le renforcement des échanges en matière de défense et de sécurité maritime» avec un accent sur «les enjeux de sécurité régionale et la coopération militaire».


Youssoufa Mohamed Ali a rappelé la position géographique du pays, la vulnérabilité des îles face aux menaces multiformes et la nécessité de tirer profit de l’expérience, des moyens et des compétences de l’US Army pour faire face aux défis en matière de sécurité maritime. «Dans un contexte régional marqué par la montée des menaces transnationales et par l’importance croissante de la sûreté maritime dans le sud de l’océan Indien, la visite aux Comores du Brigadier General Matthew W. Brown, U.S. Army, a revêtu une portée stratégique majeure», a-t-il expliqué.

Le renforcement des capacités  opérationnelles

Recevant la mission américaine venue s’imprégner des besoins de la partie comorienne, le chargé de la Défense a mis surtout en avant le renforcement des capacités opérationnelles des unités en charge de la protection des frontières maritimes et la mise en place d’un dispositif permettant de coordonner les actions de lutte contre les trafics et autres menaces dans l’archipel et dans la région de l’Océan indien. «Les entretiens ont permis d’aborder, dans une approche à la fois stratégique et opérationnelle, le rôle des forces armées dans la sécurisation de la zone sud de l’océan Indien, ainsi que les perspectives de coopération militaire entre les États-Unis et l’Union des Comores», a-t-on souligné.


À travers ces échanges, «l’Union des Comores réaffirme son engagement en faveur d’une coopération internationale renforcée, fondée sur le respect mutuel, le partage d’expertise et la construction de capacités durables, au service de la paix et de la sécurité dans l’océan Indien», a-t-on encore indiqué. Pour ce faire, «les discussions ont porté sur l’évaluation des besoins prioritaires des Forces de défense et de sécurité comoriennes, notamment en matière de surveillance maritime, de sécurisation des frontières maritimes et de renforcement des capacités opérationnelles adaptées aux réalités du terrain». Les instructeurs américains ont été reçus par le chef d’Etat-Major de l’And, le Général de brigade Youssouf Idjihadi, au quartier général des forces armées à Kandaani avant des exercices au centre d’instruction d’Itsundzu. (Lire encadré).

Une réception à Kandaani et des exercices à Itsundzu

La mission de l’US Army a été reçue au camp militaire de Kandani par le chef d’Etat-Major de l’And, le Général de Brigade, Youssouf Idjihadi, avant de se rendre en hélicoptère au centre d’instruction d’Itsundzu pour des séances d’apprentissage. Les instructeurs américains ont organisé des exercices simulés en opérations d’intervention avec des militaires comoriens issus de la Force comorienne de défense (Fcd) et de l’unité des garde-côtes plus précisément. Formation au maniement d’armes et au pilotage de drones, les exercices ont été élargis aux tirs, aux manœuvres d’assauts et aux moyens d’interception et de neutralisation d’individus potentiellement dangereux. L’officier américain a loué «le partenariat» avec les Comores et la position stratégique de l’archipel, expliquant que les Etats-unis apporteront «un soutien opérationnel» aux forces comoriennes aussi longtemps que cela sera nécessaire. «Nous sommes très contents d’être ici pour faire part de notre disponibilité à travailler avec les forces des Comores dans plusieurs aspects liés à la sécurité maritime et à la lutte contre les trafics. Cette volonté ne date pas d’aujourd’hui, cela fait des années que nous travaillons sur ce sujet. Mais, cette fois, nous franchissons un autre pas dans cette volonté de travailler avec tous les pays de la région pour mieux faire face aux différentes menaces », a expliqué le brigadier général Mattew W. Brown.

Pour Youssoufa Mohamed Ali, cette approche de coopération avec les Américains est «un engagement en faveur de la stabilité régionale», précisant une nouvelle fois que «cette visite s’inscrit dans une dynamique de partenariat stratégique visant à renforcer la sécurité maritime, la stabilité régionale et la capacité des États riverains à assurer la protection de leurs espaces maritimes». Les deux parties ont ainsi convenu plusieurs axes prioritaires dans leur engagement commun à maintenir des partenariats structurants en matière de défense, de coopération militaire et de sécurité maritime.

Des partenariats structurants  en matière de défense

On citera, entre autres, «le renforcement de la coopération militaire et opérationnelle entre les forces armées américaines et les forces comoriennes, l’évaluation capacitaire des Forces de défense et de sécurité en vue d’un appui ciblé, cohérent et durable, le développement des capacités de la Garde-côtes, à travers des programmes de formation technique, tactique et opérationnelle, incluant la conduite des opérations en mer» mais aussi «la mise en place et la montée en puissance d’un Centre de l’État en mer, destiné à assurer la coordination interservices dans la lutte contre les trafics illicites, la pêche illégale et les migrations irrégulières».

 

 


Les deux parties ont également annoncé «l’organisation d’exercices conjoints et de formations spécialisées axés sur la sécurité maritime, la surveillance des approches maritimes et la réponse aux menaces asymétriques» et un cadre pour définir «les modalités d’appui logistique et opérationnel, incluant la mise à disposition de moyens navals et de bateaux de patrouille, contribuant à la formation des équipages et au renforcement des capacités de patrouille maritime». À noter que d’autres grandes puissances ont établi des partenariats axés sur l’amélioration des capacités opérationnelles des forces armées comoriennes et du renforcement de la sécurité maritime. Les Etats-unis, eux aussi présents dans la région du Canal de Mozambique, ont annoncé, depuis 2022, leur volonté d’apporter «une assistance militaire» à la partie comorienne dans le cadre de leur politique globale de lutte contre les trafics et de contrôle des principales routes maritimes du globe.