Au cœur des échanges de la deuxième réunion du comité de pilotage du corridor maritime : les choix techniques, économiques et environnementaux nécessaires à la modernisation de cette infrastructure.
Réunis lundi 26 octobre dans les locaux de Moroni Terminal, les membres du comité interministériel du projet de corridor maritime et de réhabilitation du port ont examiné les prochaines étapes de ce chantier d’envergure. L’objectif est de renforcer les capacités portuaires des Comores et d’améliorer leur intégration dans les échanges maritimes régionaux et internationaux. La rencontre s’est déroulée en présence des ministres chargés des Transports maritimes et aériens, de l’Aménagement du territoire, de l’Énergie, de l’Agriculture et des Finances, ainsi que du commissaire général au Plan et des autres membres du comité de pilotage.
Anaylse des infrastructures, des avantages et des inconvenients
À l’ouverture des travaux, le président du comité interministériel et secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, a indiqué que l’Unité de gestion du projet (Ugp) avait présenté une étude de manœuvrabilité, soulevant plusieurs interrogations sur les options d’aménagement envisagées. Les discussions ont porté notamment sur les infrastructures à réaliser, dont la construction d’une digue et l’extension du quai, ainsi que sur les avantages et les inconvénients des différentes variantes proposées. Pour le président du comité, ces questions dépassent le seul cadre technique.
Les décisions à prendre auront des conséquences directes sur les capacités d’accueil du port, ses performances opérationnelles et les coûts logistiques supportés par les opérateurs économiques et les consommateurs. «Notre décision n’est pas seulement technique», a-t-il souligné. Pour lui, il fau disposer d’éléments suffisamment solides pour opérer des choix éclairés et permettre au projet de franchir sereinement les prochaines étapes.
Dans un contexte marqué par la modernisation des infrastructures portuaires dans la région, le développement du port de Moroni représente un enjeu majeur pour la compétitivité économique du pays. L’ambition est de permettre à cette infrastructure de mieux répondre aux exigences du transport maritime, notamment en matière d’accueil de grands navires, d’amélioration des rendements et de réduction des coûts logistiques. La modernisation du port est également présentée comme “un levier de souveraineté économique”.
Pour Nour El Fath Azali, il est essentiel que Moroni puisse s’inscrire durablement dans les lignes maritimes régionales et internationales afin de consolider la place des Comores dans les échanges commerciaux de l’Océan Indien. Cet objectif suppose toutefois de retenir des options d’aménagement adaptées aux besoins du pays, tout en tenant compte des contraintes techniques, économiques et environnementales du projet.
Trois conditions
Évoquant les prochaines étapes, le président du comité interministériel a insisté sur la nécessité de réunir trois conditions essentielles pour sécuriser le financement et engager la phase d’exécution des travaux. La première consiste à finaliser le schéma de financement du projet. La deuxième porte sur la validation de l’étude d’impact environnemental et social. Enfin, l’emprise nécessaire à la réalisation des travaux devra être libérée.
Ces préalables constituent des étapes déterminantes pour concrétiser le projet dans des conditions satisfaisantes. Le secrétaire général du gouvernement a également souligné les atouts dont dispose déjà le projet, notamment des études techniques en voie d’achèvement, l’accompagnement de la Banque africaine de développement et l’engagement des autorités concernées. Il a toutefois rappelé que les prochains mois seraient déterminants pour la réussite du chantier. Il a appelé les membres du comité à examiner le dossier avec rigueur afin de permettre aux autorités de se prononcer sur les orientations à retenir.
Prenant à son tour la parole, la ministre des Transports maritimes et aériens, Yasmine Hassane Alfeine, a remercié les participants pour leur mobilisation.
Elle a souhaité que les échanges permettent d’avancer de manière constructive sur ce dossier prioritaire. «Cette deuxième réunion du comité interministériel constitue ainsi une nouvelle étape dans le processus de préparation du projet d’extension et de réhabilitation du port de Moroni.
Au-delà des arbitrages techniques attendus, l’enjeu est de doter les Comores d’une infrastructure portuaire plus performante, capable de soutenir les échanges commerciaux, de contribuer à la maîtrise des coûts logistiques et de renforcer la position du pays dans l’espace maritime régional», a-t-elle déclaré.




