Le comité interministériel du projet d’aménagement d’un corridor maritime et de facilitation du commerce régional s’est réuni ce mardi 13 octobre à l’hôtel Itsandra. Au cœur des échanges : l’examen des différentes variantes d’aménagement du cercle d’évitage du port de Moroni, jugé comme étant une étape déterminante pour la finalisation des études techniques et la poursuite du projet de modernisation de cette infrastructure stratégique.

 

La réunion a rassemblé les ministres chargés de l’Aménagement du territoire, de l’Économie et de l’Agriculture, le secrétaire général du gouvernement, le commissaire général au Plan, les secrétaires généraux des ministères des Finances et des Transports, ainsi que le coordonnateur du projet.Dans son allocution d’ouverture, le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali a souligné l’importance stratégique du projet d’extension et de réhabilitation du port de Moroni pour le développement économique de l’Union des Comores.

 Lancé en octobre 2025, dans le cadre du projet d’aménagement d’un corridor maritime et de facilitation du commerce régional, il vise notamment à renforcer la connectivité maritime du pays, à sécuriser les approvisionnements, à développer les exportations et à faciliter les échanges commerciaux avec la région de l’océan Indien et le reste du monde.Pour Nour El Fath Azali, «la modernisation du port de Moroni constitue un levier essentiel pour améliorer la compétitivité des échanges commerciaux, contribuer à la maîtrise des coûts d’approvisionnement et préserver le pouvoir d’achat des citoyens, tout en soutenant la croissance économique».


Cette réunion interministérielle intervient à une étape importante du processus de modernisation du port de Moroni. Selon le secrétaire général du gouvernement, les études techniques détaillées sont dans leur phase finale. L’avant-projet détaillé (Apd) et le dossier d’appel d’offres (Dao) doivent être finalisés sur la base de la variante d’aménagement qui sera retenue.
À cette occasion, «l’Unité de gestion du projet doit présenter les résultats de l’étude de manœuvrabilité des navires, ainsi qu’un dossier comparatif des différentes variantes envisagées pour le cercle d’évitage, espace portuaire permettant aux navires de manœuvrer et de changer de direction». L’analyse de ces options repose sur plusieurs critères déterminants : la faisabilité des manœuvres des navires, la sécurité de la navigation, les volumes de dragage nécessaires, les impacts environnementaux et le coût des investissements.


Le choix final revêt ainsi une importance majeure pour les conditions futures d’exploitation du port. Il devra permettre de concilier les exigences de sécurité maritime, d’efficacité opérationnelle, de maîtrise des coûts et de durabilité des infrastructures. 
Le secrétaire général du gouvernement a, à cet égard, appelé les participants à examiner rigoureusement les éléments techniques présentés afin de parvenir à une décision éclairée et concertée, adaptée aux besoins du pays.

Au-delà de l’extension et de la réhabilitation du port de Moroni, le projet ambitionne de renforcer durablement les infrastructures portuaires et les mécanismes de facilitation du commerce à l’échelle nationale. Cette vision repose sur trois composantes complémentaires. La première concerne la création d’une zone économique spéciale. L’étude technico-économique est en cours de préparation et l’Unité de gestion du projet procède actuellement à l’évaluation des offres des bureaux d’études.


La deuxième porte sur la mise en place d’un guichet unique portuaire et maritime, en synergie avec le guichet du commerce extérieur et la plateforme douanière. Ce dispositif doit contribuer à simplifier les procédures administratives, à réduire les délais de traitement et à renforcer la transparence des opérations commerciales. Le processus d’évaluation des offres des bureaux spécialisés est également en cours, en vue de préciser les besoins techniques et organisationnels.La troisième composante concerne le développement du port de Mutsamudu, à Ndzuani. Les études de faisabilité ont été lancées afin de renforcer le rôle de cette infrastructure en tant que porte d’entrée stratégique de l’économie nationale. La sélection du bureau d’études chargé de ces travaux est actuellement en cours.


La mise en œuvre de ces différentes composantes s’appuie sur une coopération avec la Banque africaine de développement (Bad), dont l’accompagnement technique et financier a été salué par le secrétaire général du gouvernement.Inscrit dans le cadre du Plan Comores Émergent 2030, le projet bénéficie d’une attention particulière de la Présidence de l’Union des Comores. Il représente, selon Nour El Fath Azali, une priorité nationale qui appelle à une responsabilité collective dans la conduite des décisions et la réalisation des investissements.