Une cérémonie religieuse en la mémoire de feu Ali Mlinde Mlatrede, ancien contrôleur financier décédé depuis quarante jours, a été organisée dans sa localité de Mohoro le samedi 11 avril dernier, et à laquelle avaient pris part notables, cadres et proches venus des différentes régions de Ngazidja, qui se sont réunis pour implorer la miséricorde divine en faveur du défunt.La cérémonie a débuté par la récitation de la sourate Yassine, suivie d’un hommage appuyé rendu par le notable Abdillah M’madi. Dans son allocution, ce dernier est revenu sur «le parcours remarquable» du défunt, né en 1955 à Mohoro.
Militant pour l’indépendance des Comores
Très jeune, à l’âge de huit ans, Ali Mlinde quitte les Comores pour Madagascar, où il effectue ses études primaires. Il retourne au pays en 1974 et intègre la classe de première D au lycée Saïd Mohamed Cheikh. Animé d’un profond esprit patriotique, il s’engage activement dans le mouvement politique du 26 août 1974, soutenant la lutte menée par Abdou Bacar Boina pour le départ de la puissance coloniale française. Ce mouvement, connu sous le nom de Molinaco, militait pour l’indépendance des Comores.Rassembleur et engagé, Ali Mlinde a également œuvré pour le développement éducatif de sa localité. Avec d’autres jeunes originaires de Mohoro, il fonde une association culturelle qui permet la création de la première bibliothèque de la ville et l’organisation de cours de soutien au profit des élèves des classes inférieures.
Poursuivant son parcours académique, il se rend ensuite en Algérie où il se spécialise en finances. À son retour aux Comores, il entame une carrière professionnelle au gouvernorat, à l’époque où Saïd Hassan Saïd Hachim en assurait la direction. Il rejoint par la suite le ministère des Finances, où il gravit les échelons en occupant successivement les postes de Directeur du budget, puis de contrôleur financier jusqu’à la fin de sa carrière.
Homme aux multiples talents, Ali Mlinde Mlatrede était également agriculteur, enseignant de français et d’anglais, et passionné de littérature comorienne. Il figurait parmi les membres fondateurs de l’association des écrivains comoriens «Pohori Kalam». Reconnu pour sa foi et sa piété, ses collègues témoignent également de «son engagement constant à former et accompagner de nombreux cadres au sein du ministère des Finances».


