La plus grande ville du pays vit ainsi au rythme de ses marchés bondés, où commerçants et clients se préparent, chacun à leur manière, à célébrer la fête.

 

À moins de 10 jours de l’Aïd-el-fitr, les rues de Moroni connaissent une animation particulière. À Volovolo, près de Nassib, les étals se multiplient et les passants affluent, curieux de découvrir les nouveautés proposées pour la fête. Vêtements, hijabs, kandu, kofia, chaussures pour enfants. Les articles sont exposés partout, parfois à même le sol ou dans des brouettes remplies de produits à bas prix qui attirent autour d’elles de petits cercles de clients.


Sous un soleil écrasant, hommes, femmes et enfants parcourent les ruelles commerçantes, multipliant les allers-retours entre les boutiques et les marchés. Les machines, façon haut-parleurs, répètent inlassablement les annonces de promotions «Solde, solde, 2500 !», tandis que les embouteillages ralentissent la circulation et font perdre un temps précieux aux automobilistes. Malgré la chaleur et la foule, l’enthousiasme des acheteurs et vendeurs ne faiblit pas.

 Ici, une chanson résonne, là, des versets du Coran se font entendre, créant une ambiance particulière propre aux derniers jours du mois sacré.
Près de Mag Market, à côté du siège des Travaux publics, des nkandu, sukutri, robes, chaussures et montres pour enfants sont étalés à même le sol ou accrochés aux murs. À Magudju, les stands de vêtements s’étendent jusqu’à la place Ajao, offrant à la clientèle un large choix d’articles.

Decouvrir les nouveautés

Certaines clientes préfèrent cependant patienter. Rainat Said, confie qu’elle est venue surtout pour decouvrir les nouveautés. «Pour l’instant, je regarde seulement, la paie n’est pas encore tombée. Mais, c’est difficile, parce qu’on trouve parfois de très bons articles qu’on a du mal à laisser», a-t-elle expliqué. Les commerçants, eux, observent une fréquentation en hausse, mais restent convaincus que le pic reste à venir.

 Farouk Ibouroi, connu sous le nom de Jesta, originaire de Vuvuni ya Bambao et propriétaire d’une boutique de vêtements, se veut optimiste. «Comparé au début, on voit déjà du monde. Mais, je suis sûr que c’est à partir de demain ou après-demain que les choses vont vraiment s’intensifier. Pour l’instant, je suis encore à l’intérieur de la boutique, mais dès demain je sortirai étaler tous mes articles pour attirer plus de clients», a-t-il affirmé.


Même constat pour Elmir Soulé, venu de Mwandzaza Mbwani pour vendre des nkandu et des sukutri. « Je suis arrivé à Moroni aujourd’hui. J’attendais que l’affluence augmente avant de venir. Pour l’instant, il y a déjà du monde. J’ai eu deux ou trois clients qui ont acheté et d’autres qui ont simplement jeté de petits coups d’œil », a-t-il raconté.

 La fin du Ramadan

Salma Youssouf, commerçante, native de Mitsudje, a commencé à exposer ses robes et chaussures seulement cette semaine. «Les vêtements ont pris du temps à arriver. Ce n’est que récemment que je les ai reçus. J’espère pouvoir écouler une partie des articles. Il reste encore plusieurs jours avant la fin du Ramadan», a-t-elle confié. 


Au Petit marché, l’animation se fait déjà là. Dans les ruelles étroites, les passants se frayent difficilement un passage entre les étals improvisés. Vêtements exposés dans des brouettes, posés sur des tapis ou suspendus aux stands : toutes les stratégies sont bonnes pour attirer l’attention et vendre.