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Mois sacré de Ramadhwani I Un premier ramadan sans électricité dans certaines zones du pays

Mois sacré de Ramadhwani I Un premier ramadan sans électricité dans certaines zones du pays

Société | -   Nourina Abdoul-Djabar

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À Moroni, et dans de nombreuses zones, le courant n’a pas été fourni au moment de la rupture du jeûne alors que d’autres régions étaient complètement plongées dans le noir. La Sonelec s’en est excusée et évoque «une remise en fonctionnement du réseau » qui « peut nécessiter un délai important ».

 

De nombreux quartiers et régions du pays ont été plongés dans le noir le dimanche 2 mars qui a marqué le début du mois de ramadan. Un fait qui a suscité l’incompréhension générale et qui contraste avec les annonces faites par la Sonelec. La société publique avait en effet promis la fourniture régulière du courant électrique pendant le mois de ramadan après l’acquisition de nouveaux groupes électrogènes.


La Sonelec avait fait savoir, sur sa page Facebook le 11 février, que la crise énergétique sera définitivement résolue. « Nous rassurons la population, ces groupes électrogènes seront mis en service avant le ramadan pour améliorer la fourniture d’électricité », a-t-on lu dans le communiqué de la société de distribution d’électricité. Mais hier, les habitants de plusieurs quartiers de Moroni et de ses environs ont rapidement déchanté. Certains ont eu de l’électricité toute la journée avant de subir une coupure soudaine juste après l’appel à la prière du maghrib. S’en est suivi des séances « des bips ». D’autres n’ont pas eu d’électricité du tout.


Si à Moroni, certains ont réussi à s’adapter, dans d’autres localités, c’est l’indignation. Pour Said Mohamed, résident de Dzahadju, l’espoir n’est plus. «Je suis très déçu de constater que la Sonelec n’honore pas encore une fois ses engagements. Les autorités ont promis aux Comoriens une fourniture régulière de l’électricité surtout en ce mois de ramadan. Bien que cela soit loin des attentes de la population, mais on avait quand même de l’espoir. Malheureusement, on a rompu le premier jeûne dans le noir. Et même durant la journée du dimanche, nous n’avons été alimentés que pendant 5h.

À ce rythme qui va oser faire son stock ? Personne. C’est inacceptable », a-t-il regretté.
Même constat du côté de Saïd Mohamed Abdoulwahab, qui exprime sa frustration sur les réseaux sociaux. «Où sont les moteurs ? Où est l’électricité ? Nous avons passé le 1er jour du Ramadhwani dans le noir, ici à Vuvuni, Serehini, Mbashile… Le mois de ramadhwani s’annonce très difficile. Personne ne peut faire de stock de viande ou d’autres produits dans ces conditions. », a-t-il déploré.

Des excuses de la Sonelec

Face à la vague de mécontentement, la Sonelec a publié un communiqué pour s’excuser des désagréments rencontrés. «Malgré la mobilisation de nos agents et l’intégration de nouvelles unités de production, nous faisons face, à Ngazidja, à une série de défaillances sur notre réseau électrique. Cela entraîne des arrêts de sécurité momentanés de nos centrales de production. La remise en fonctionnement du réseau s’effectuant manuellement et par secteur, cette opération peut nécessiter un délai important, durant lequel nos abonnés sont malheureusement privés d’électricité.

Nous sommes navrés pour la gêne occasionnée et vous assurons que l’ensemble de nos agents travaille activement à rétablir la situation dans les plus brefs délais », lit-on dans le communiqué publié dans la soirée du dimanche 2 mars. Mais leurs explications peinent à convaincre des usagers excédés par des mois de délestages à répétition. Ce premier jour de ramadan sans électricité n’a fait qu’amplifier leur frustration et les interrogations sur la capacité réelle de la Sonelec à tenir ses engagements.

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