Avec cette troisième édition du « Congrès de l’esthétique » et ce marché de l’Aïd, les organisateurs espèrent « encourager davantage l’entrepreneuriat et valoriser les talents comoriens, tout en renforçant les liens entre les acteurs économiques du pays».
À l’occasion de l’Aïd el-fitr et en plein mois béni de ramadan, l’initiative «Secret Beauté» a organisé, samedi 14 mars, «un marché de l’Aïd » sur la place de Badjanani. L’événement s’inscrit dans le cadre de la troisième édition du «Congrès de l’esthétique», de la santé et du bien-être, réunissant habitants, entrepreneurs et autorités. Plusieurs personnalités ont honoré la cérémonie de leur présence, notamment des membres du gouvernement, l’adjoint au maire de Moroni, le président de l’Uccia, la commissaire générale au Plan ainsi que des notables.
À l’origine de l’initiative, Farida Djalim, responsable de l’institut de Secret Beauté, a expliqué que cette troisième édition se voulait particulière. «Nous avons voulu organiser ce congrès ici, à la place de Badjanani, un lieu symbolique de Moroni. Nous sommes à proximité de la mosquée et, en ce mois sacré de Ramadan, nous souhaitions que cet événement bénéficie des bénédictions de tous les musulmans présents», a-t-elle déclaré.
Pour l’organisatrice, le choix de ce lieu est aussi stratégique. L’objectif est, selon elle, de créer «une dynamique de coopération entre entrepreneurs venus de différentes îles», tout en permettant de mieux connaître ceux qui exercent encore dans le secteur informel, notamment dans la médina de Moroni. Émue par l’affluence, Farida Djalim a salué la mobilisation des autorités nationales, des partenaires et de la population. «Cette place est chargée d’histoire. Elle accueille souvent les grands mariages de nos parents et les célébrations du Maoulid. Il était temps aussi d’y montrer les savoir-faire et les talents », a-t-elle souligné, remerciant les partenaires techniques et les exposants présents. Selon elle, le marché vise avant tout à favoriser les échanges, l’achat de produits locaux et la création d’un réseau entre entrepreneurs.
Prenant la parole à son tour, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a salué une initiative porteuse d’espoir pour l’économie locale. « Les choses ont changé. Il n’y a pas que la fonction publique, il faut valoriser les talents et les ressources dont nous disposons. Nous continuerons à encourager et à accompagner ce type d’initiatives, car c’est ainsi que notre pays pourra se développer», a-t-il affirmé.De son côté, Abkaria Chatoi, conseillère en charge du Genre, a mis en avant le rôle des femmes dans l’artisanat et l’entrepreneuriat. Elle a remercié l’initiatrice de l’événement pour l’image positive qu’elle donne aux femmes comoriennes. «Les femmes savent faire beaucoup de choses : couture, cuisine, artisanat. Venez découvrir les merveilles qu’elles réalisent », a-t-elle lancé.
Le ministre de l’Agriculture, Daniel Bandar, a, pour sa part, assuré quant au soutien du gouvernement à ce type d’initiatives. Selon lui, chaque activité artisanale doit être considérée comme une véritable entreprise, même si elle reste encore informelle. « Nous voulons que votre travail soit reconnu, que vous puissiez accéder à des financements, à des subventions et, à terme, bénéficier de droits sociaux comme la retraite ou l’assurance », a-t-il déclaré. Le ministre évoque un problème qui prend de l’ampleur, à savoir celui des produits éclaircissants et insistant sur une beauté saine et naturelle.
Une variété de produits et de services
Sur la place Badjanani, de nombreux stands ont été installés autour des thématiques de la santé, du bien-être et de l’esthétique. Les visiteurs ont pu découvrir une variété de produits et de services. Certains stands proposaient des démonstrations de santé publique, comme l’apprentissage du brossage des dents, la mesure de la tension artérielle ou la sensibilisation à la malnutrition.D’autres exposants mettaient en avant des produits naturels et artisanaux : shampoings à base de romarin, gels douche au curcuma, gommages, huiles pour la pousse des cheveux ou encore produits capillaires. Des stands de gastronomie proposaient également des jus de gingembre ou de baobab, des confitures et diverses spécialités locales.
Tout au long de la soirée, la foule s’est empressée pour découvrir les produits, déguster les jus, se faire conseiller sur l’alimentation ou simplement apprécier le talent des exposants. L’événement a ainsi transformé la place de Badjanani en véritable vitrine du savoir-faire local.



