Les membres du Conseil des oulémas de Dar al-Ifta (Mouftorat des Comores) sont désormais connus. L’organe, mis en place à travers le décret N° 26/101 du 14 septembre 2026, sera placé sous la présidence du moufti de la République, Cheikh Aboubakar Abdallah Djamalilail, pour un mandat de trois ans.


Les membres du Conseil des oulémas du mouftorat des Comores sont nommés par le chef de l’Etat, Azali Assoumani, ce lundi  par décret du 14 septembre, conformément au nouveau règlement de cette dernière, approuvé par l’assemblée nationale le 5 décembre 2025. Selon l’article 1er dudit décret, les membres du Conseil des Oulémas sont nommés pour un mandat de trois ans, renouvelable.


Interrogé par Al-watwan après la publication du décret, Dr Abdoulhakim Mohamed Chakir, professeur à la faculté Imam chafioun et membre du Conseil des oulémas de Dar al-Ifta, a exprimé sa «profonde gratitude» et sa «reconnaissance au président Azali Assoumani», pour cette nomination. Il s’agit, selon lui, d’une décision très importante, «car la préservation de la religion est le but suprême de l’Islam et le premier devoir d’un président musulman». 


Dr Abdoulhakim a souligné que les membres de ce Conseil porte une grande responsabilité et un lourd fardeau devant Dieu, le président et le peuple comorien. «Cette responsabilité consiste à exprimer l’avis le plus éclairé, qu’il juge correct au regard des principes et textes juridiques islamiques, tout en préservant l’unité de l’État et du peuple, ainsi que la fraternité islamique, dans un esprit d’affection et de miséricorde», a-t-il expliqué.  

16 membres des plus éminents érudits du pays

Membre dudit conseil, Dr Abdulhakim a fait savoir, au nom de ses pairs, qu’ils vont  honorer leurs engagements et obéir au dirigeant dans les domaines qui ne contredisent pas les commandements divins, même si cela diffère de leurs propres opinions et de leur compréhension. Dr Abdulhakim a conseillé au peuple comorien de porter un regard bienveillant sur les croyants, en particulier sur leurs dirigeants et leurs savants, comme Dieu l’a ordonné. 


Le Conseil en question  sera composé de 16 membres et sera présidé par le Grand Mufti, cheikh Abubakar Abdallah Djamalilail. Parmi ses membres figurent le grand Cadi  de Mwali, cheikh Nidhoim Mohamed Boina ; le grand Cadi  de l’île de Ndzuani, Mohamed Nourdin Kamil ; le grand Cadi  de Ngazidja, cheikh Mohamed Said Athoumani. Il est composé aussi des représentants des oulémas  des quatre îles, ainsi que des professeurs  chercheurs de l’Université des Comores, un représentant du ministère des Affaires islamiques et un représentant de la présidence de la République.

 Conformément au nouveau règlement du mouftorat des Comores, le Conseil des oulémas est composé des plus éminents et reconnus érudits du pays, sélectionnés selon des critères jurisprudentiels précis, tels que la maîtrise des règles de la charia, de l’exégèse et de ses sciences, ainsi que des traditions prophétiques. Le Conseil est appelé à remplir plusieurs missions essentielles, notamment l’élaboration de politiques de communication visant à fédérer les érudits et les prédicateurs,

 l’orientation des initiatives éducatives et religieuses du pays, l’émission de fatwas officielles et la diffusion de conseils et de décisions juridiques pertinents pour la société comorienne, conformément à la doctrine chaféite pratiquée dans le pays. Il convient de noter que l’assemblé nationale a approuvé la loi portant création de de Dar al-Ifta des Comores le 5 décembre 2025, dans le but d’établir la plus haute autorité religieuse du pays, compétente en matière d’islam sunnite, de rite chaféite.

 Conformément à l’article 1 du nouveau statut du mouftorat des Comores, cette dernière est un organe directement subordonné à la présidence de la République et jouit d’une indépendance administrative et financière, ainsi que d’une autorité judiciaire sur l’ensemble du territoire national. La nouvelle loi stipule également que la Dar al-Ifta est composée de trois organes : le grand mufti, le secrétariat général du grand mufti et le Conseil des oulémas.

 Le grand mufti reste la plus haute autorité religieuse du pays. L’article 7 de la loi précise les critères de sélection du grand mufti. Le Conseil des oulémas nomme trois personnalités religieuses parmi les plus éminentes, possédant les qualifications académiques requises, au moins dix ans d’expérience pratique et un diplôme universitaire en sciences religieuses.

 Le mandat du grand mufti est de sept ans, renouvelable, et sa nomination est officialisée par décret présidentiel après sa sélection parmi trois candidats. Le projet de loi stipule également que le grand mufti a un rang de ministre d’État et bénéficie des privilèges attachés à ce rang.