Financé par l’Union européenne à hauteur de 9 millions d’euros, le programme Msomo na Hazi s’achève après six ans, avec plus de 15 000 jeunes accompagnés et des acquis à pérenniser.
Après six années de mise en œuvre, le programme Msomo na Hazi, consacré à la formation et à l’insertion professionnelle des jeunes aux Comores, touche à sa fin. La dernière réunion de son comité de pilotage s’est tenue le mardi 27 octobre, au Palais du peuple, à Moroni, en présence de représentants du gouvernement, de l’Union européenne, des gouvernorats et des partenaires des secteurs public et privé.
Lancé le 30 décembre 2020 et financé à hauteur de 9 millions d’euros, soit environ 4,5 milliards de francs comoriens, le programme visait à faciliter l’accès à l’emploi et à l’auto-emploi des jeunes, hommes et femmes, âgés de 15 à 35 ans, en particulier ceux qui sont les plus exposés au chômage. Présentant le bilan du programme, le secrétaire général du ministère des Finances, Dhoihirdine Ahamada Bacar, représentant le ministre, a fait état de progrès dans les domaines de la formation et de l’insertion professionnelle.
«Plus de 15 000 jeunes ont bénéficié d’un encadrement et d’un suivi, près de 11 000 ont fréquenté les six offres de services mises en place et 7 000 ont été accompagnés ou formés. Le programme a également permis de former plus de 500 personnes dans différents domaines liés à la formation professionnelle. Dans le cadre de l’apprentissage encadré, 335 contrats ont été signés et 180 jeunes apprentis ont obtenu leur certificat de compétence professionnelle», a-t-il déclaré.
Parmi les autres réalisations figurent la création des centres Sowo la Hazi, l’actualisation de la stratégie nationale de formation et d’insertion professionnelle à l’horizon 2030, ainsi que l’accompagnement de l’École nationale de formation agricole et de développement rural de Wanani, à Mwali. Le programme a également permis d’expérimenter des initiatives d’économie sociale et solidaire dans les villages de Mbangani, à Ngazidja, d’Ouani, à Ndzuani, et de Miringoni, à Mwali, toujours selon ses promoteurs.
La cheffe du bureau de l’Union européenne par intérim, Elisabeth Rousset, s’est félicitée de la collaboration entre les autorités comoriennes et les partenaires du programme. Elle a rappelé que la formation professionnelle constitue une priorité pour permettre aux jeunes de développer leurs compétences, de trouver leur place dans la société et de contribuer au développement économique et social du pays.
Pérenniser les acquis
La fin du programme ne doit toutefois pas marquer l’arrêt des efforts engagés. «Une clôture ne signifie pas une fin mais plutôt un passage de relais», a-t-elle averti. Le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, a également insisté sur la nécessité de maintenir les acquis. Il a salué les résultats obtenus grâce au soutien financier de l’Union européenne et à l’engagement des différents acteurs. Il a néanmoins rappelé que la réussite d’un projet ne se mesure pas seulement aux résultats obtenus, mais aussi à la capacité des institutions et des acteurs locaux à les faire perdurer.
De son côté, le représentant du ministère des Finances a assuré que des dispositions seraient prises pour consolider les centres Sowo la Hazi, assurer le suivi des apprentis et poursuivre la mise en œuvre de la stratégie nationale de formation et d’insertion professionnelle. Il a également invité l’Union européenne à envisager un nouveau financement dans le cadre de sa programmation 2028-2034.
Au cours de cette dernière réunion, plusieurs bénéficiaires et formateurs, appelés «fundi», ont partagé leurs expériences. Parmi eux, un menuisier ayant perdu un doigt dans l’exercice de son métier a raconté comment l’accompagnement du programme lui avait permis de retrouver la motivation nécessaire pour poursuivre son activité. La rencontre a également donné lieu à des échanges sur les recommandations du comité de pilotage. À cette occasion, la documentation retraçant les expériences et les réalisations du programme a été remise au ministère de l’Éducation nationale. Un slam a clôturé les travaux.


