En provenance des pays des Grands Lacs et de l’Afrique de l’Est, les migrants, au départ de la Tanzanie, avaient fait trois nuits en mer et souhaitaient se rendre dans l’île comorienne de Mayotte avant d’être abandonnés par leurs passeurs sans eau ni moyens pour subvenir à leurs besoins primaires.

 

Une embarcation de fortune, avec à son bord 17 mineurs, (dont un bébé de 9 mois), ainsi que 14 femmes et d’autres hommes, a été interceptée, samedi dernier, à proximité des îlots de Nyumashuwa à Mwali. En tout, ce sont 63 migrants qui ont été recensés à leur arrivée.

Selon plusieurs sources, les migrants souhaitaient, dans leur périlleux périple, se rendre à Mayotte. Il s’agit de la énième vague de migrants en provenance de la région des Grands Lacs et de l’Afrique de l’Est enregistrée ces dernières années sur l’île de Mwali. D’après notre source, une résidente de la ville, les migrants auraient quitté la Tanzanie le mercredi 13 mai à bord d’un bateau conduit par des passeurs. 

Une inquiétude à Nyumashuwa

«Après trois nuits passées en mer, ils auraient finalement été abandonnés à proximité des îlots de Nyumashuwa après avoir été trompés par les passeurs, qui leur auraient fait croire qu’ils étaient arrivés à destination», nous a-t-elle confié. Les îlots sont isolés, sans eau ni électricité. Une situation connue de tous. Ceux qui s’y rendent, généralement pour des escapades de week-end ou des visites touristiques, prévoient tout ce qu’il faut à l’avance : eau, nourriture, couvertures entre autres.

Abandonnés sur place, les migrants auraient bénéficié de la prise en charge des habitants qui se mobilisent avec les moyens à leur disposition. Les autorités n’ayant pas encore apporté l’assistance classique nécessaire.  Selon une source anonyme, l’une des personnes venues leur apporter de l’aide, «sur place, la situation humanitaire devient préoccupante. Bloqués sur ces îlots isolés, les migrants manquent d’eau potable et de nourriture, tandis que plusieurs enfants et femmes apparaissent très affaiblis après ce long périple maritime».


La multiplication de ces vagues d’arrivée de migrants suscite des inquiétudes dans les rangs des habitants, notamment en raison des craintes liées à certaines maladies, telles que le virus Ebola qui sévit dans certaines régions de la République démocratique du Congo. Jusqu’à ce mardi 19 mai, les migrants étaient toujours bloqués sur les îlots, quatre jours après leur arrivée. Interrogées, les autorités insulaires compétentes n’ont pas répondu à nos sollicitations.