Depuis l’entrée en vigueur des nouveaux prix du carburant à Mwali, les stations-service connaissent une forte baisse d’activité, tandis que les conducteurs réduisent leurs déplacements et que la grève des transporteurs se poursuit toujours.

 

Depuis le lundi 11 mai, date d’entrée en vigueur des nouveaux tarifs du carburant à Mwali, les stations-service de l’île enregistrent une baisse sensible de leur activité. De nombreux conducteurs limitent désormais leurs déplacements en voiture afin de réduire leur consommation de carburant.

Chez Yousna Sarl, une station-service située à Hayiraha, à quelques mètres de l’aéroport, les pompistes constatent une nette diminution des ventes. «Avant cette augmentation des prix, on achetait 1 000 litres d’essence à la Société comorienne des hydrocarbures pour 750 000 francs comoriens. Maintenant, avec ce changement, nous sommes arrivés à 975 000 francs les 1 000 litres. 

Nos recettes ont considérablement chuté. On n’arrive plus à vendre 200 litres d’essence entre la matinée et l’après-midi. C’est catastrophique», explique Abakar Abdoulbar, pompiste de cette station-service. Il poursuit : «Nous sommes là juste pour rendre service à la Sch, mais économiquement, nous ne gagnons presque rien. D’ailleurs, nous n’encaissons que 5 francs par litre de pétrole vendu».


Chez Nafassi, un autre point de vente situé à moins de 100 mètres de Yousna Sarl, le gérant n’avait toujours pas commandé de carburant auprès de la Sch au moment de notre passage. À Wanani, sur le plateau de Djando, le calme règne également à la station-service de Bandahari, malgré la présence d’une certaine quantité de carburant dans les citernes.

Un changement des habitudes de consommation

Au-delà du changement des habitudes de consommation, les revendeurs de carburant installés dans les rues boycottent eux aussi les stations-service. «Nous avons décidé de ne plus mettre les pieds dans les stations jusqu’à la fin du mouvement de grève des transports, puisque personne ne vient acheter chez nous. C’est aussi un signe de solidarité envers les taximen», explique Halouwa, revendeuse de carburant à Djwaezi.Pendant ce temps, la grève du syndicat Usukani wa Massiwa se poursuit toujours à Mwali, malgré une rencontre jugée « infructueuse » entre les chauffeurs et les autorités insulaires, au gouvernorat de l’île, avant-hier mercredi puis hier jeudi 14 main