Face à la dégradation accélérée des espaces forestiers de l’île de Mwali, l’Armée nationale de développement (And), en collaboration avec le Parc national de Mwali (Pnm), avec l’appui de l’organisation non gouvernementale Noe dans le cadre du programme Redd+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts), a lancé, mardi 6 janvier 2025, une mission de surveillance et de patrouille dans les forêts de Barakani et Hamba. Celles-ci sont situées dans la zone de Malembani, à environ 610 mètres d’altitude. Elles constituent le cœur du noyau forestier de Mwali.Cette opération fait suite aux constats alarmants de la destruction progressive des espaces verts de l’île, entraînant la disparition des sources d’eau, notamment des rivières, ainsi qu’une grave dégradation des écosystèmes forestiers. L’objectif principal de cette mission est de lutter contre les occupations illégales et de restaurer ces zones appelées Zones de non-prélèvement (Znp).
Selon les surveillants du Pnm, ces zones sont hautement protégées et strictement interdites à toute activité humaine, car elles sont essentielles à la régénération naturelle des forêts et à la préservation des sources d’eau. Leur occupation contribue fortement au tarissement des rivières et à la dégradation générale de la forêt.
Sur le terrain, la situation apparaît particulièrement préoccupante. De nombreux arbustes ont été coupés pour laisser place à des cultures de bananiers. Dans certains sites, des occupants ont même planté des girofliers, des cultures de rente qui commencent à produire à partir de la cinquième année. «Les personnes qui viennent cultiver ici le font dans une logique d’héritage futur, et non par nécessité alimentaire. Ces zones sont très éloignées des villages et nécessitent beaucoup d’efforts pour y accéder. Nous sommes en train de les identifier afin qu’elles répondent de leurs actes, car leur présence dans les Znp met en danger la survie de toute la population », a déclaré le capitaine Amboudi, du groupement de la gendarmerie nationale, section de Bonovo.
Selon lui, l’année 2026 doit marquer la fin définitive des occupations illégales dans les Znp à Mwali. Il appelle la population à s’unir pour protéger l’environnement, les forêts et les sources d’eau, aujourd’hui et pour les générations futures. « Cette mission marque le début d’une série de patrouilles qui seront menées tout au long de l’année dans différentes zones forestières afin d’assurer une protection effective des Znp sur l’île », a-t-il ajouté.Depuis plusieurs années, la forêt de Mwali subit une pression croissante liée aux occupations illégales et à la dégradation accélérée des espaces verts. Ces phénomènes ont des conséquences graves sur l’avenir, car ils constituent les principales causes du tarissement des ressources hydriques de l’îlen
