L’île de Mwali fait de nouveau face à un rationnement du carburant. De nouveau, pour ceux qui ont la possibilité, ils vont s’approvisionner depuis Ndzuani.

 

À Mwali, le ramadan ravive les inquiétudes liées à l’approvisionnement en produits pétroliers. Le jeudi 19 février dernier, la station-service Yousna Sarl a été prise d’assaut par une foule composée de propriétaires de voitures, de motos et de citoyens munis de jerricans de 20 litres. Tous venaient des quatre coins de l’île dans l’espoir de se procurer du pétrole pour la cuisson ou du carburant pour leurs déplacements. Une scène similaire a été observée à la station Nafassi, située à proximité de l’aéroport de Bandar Salama.

 Dans le premier point de vente, chaque client n’avait droit qu’à un seul bidon de pétrole. Cette mesure, instaurée par la Société comorienne des hydrocarbures (Sch), vise à prévenir toute pénurie. Sur place, un agent expliquait à la foule, tickets à la main : «Chaque bénéficiaire a droit à un seul bidon. Toute tentative d’obtenir plusieurs coupons entraînera un refus total de livraison.» Malgré ces dispositions, la tension était palpable, marquée par des bousculades pour obtenir le précieux ticket donnant accès au combustible.

 Pourtant, quelques jours auparavant, le navire Falki Djema avait accosté à Mwali pour décharger un stock de gasoil et de pétrole. Il devrait revenir prochainement pour ravitailler l’île en essence. Selon une source de la Sch ayant requis l’anonymat, la quantité livrée était toutefois insuffisante pour couvrir durablement la demande.

 «Nous sommes contraints d’opter pour une distribution progressive afin d’éviter que certains ne constituent des réserves destinées au marché noir», a-t-elle confié. Face à cette situation, les habitants disposant de moyens financiers préfèrent se tourner vers Ndzuani pour s’approvisionner, comme cela se produit régulièrement en période de pénurie.