Après trois mois de soulagement liés à une relative abondance des produits pétroliers, la crise du carburant refait surface à Mwali. Depuis plusieurs semaines, les automobilistes se bousculent dans les stations-service de l’île à la recherche de quelques litres d’essence. Un liquide devenu si précieux que beaucoup repartent les mains vides. Ce mardi 6 janvier 2026, les stations Nafassi et Yousna Sarl ont été prises d’assaut par une foule interminable de voitures et de motos. De 11 heures à 17 heures, sous un soleil ardent, les usagers ont attendu l’éventualité d’une vente de carburant. À cela s’ajoutent les milliers de jerricanes des revendeurs visibles dans les rues.
Afin de servir le plus grand nombre, la station Yousna, située à Hairaha entre Bandar Salama et Mbwangoma, distribuait seulement deux litres d’essence par moto et entre cinq et dix litres pour les véhicules à quatre roues. Une mesure drastique qui a provoqué la colère de nombreux usagers. «Comment peut-on nous donner cinq litres d’essence pour une voiture censée circuler toute la journée, après plus de six heures d’attente ?», s’indigne un chauffeur de taxi, visiblement excédé.
Selon Fetré, pompiste à la station Yousna, la responsabilité n’incombe pas aux stations-service. «Nous vendons le carburant lorsqu’il est disponible dans nos citernes. Le problème, c’est que les stocks reçus sont insuffisants par rapport à la forte demande. C’est une équation complexe», explique-t-il.
À la station Nafassi, le principe de rationnement était presque identique. Toutefois, certains chauffeurs de taxi, mécontents, ont préféré rebrousser chemin, laissant la place aux motards.
Pourtant, le directeur régional de la Société comorienne des hydrocarbures à Mwali, Afretane Issoufa, a récemment affirmé dans nos colonnes avoir pris des initiatives pour lutter contre les pénuries récurrentes qui paralysent l’économie locale. Nommé à ce poste il y a trois mois, il ambitionne d’améliorer les conditions de travail au sein de la société tout en mettant l’accent sur la continuité de l’approvisionnement.
«Désormais, l’île de Mwali n’a plus le droit de manquer de carburant, car plusieurs chantiers sont en cours et leur réussite dépend d’un approvisionnement permanent en hydrocarbures», avait-il notamment déclaré. À noter qu’un bateau transportant des barils de pétrole et de gasoil a accosté récemment au port de Mbwangoma pour ravitailler l’île. Toutefois, les mauvaises conditions météorologiques empêchent l’embarcation de reprendre la mer vers Ndzuani afin d’y charger de l’essence, le produit le plus demandé à Mwali.
