L’année 2026 commence difficilement pour les habitants de Mwali. L’île fait  face à une grave pénurie de carburant. Les stations-services sont totalement à sec, contraignant de nombreux automobilistes à immobiliser leurs véhicules dans les rues. Cette situation affecte toutes les couches sociales. Chauffeurs de taxi, agriculteurs souhaitant rejoindre leurs champs, pêcheurs dépendant du carburant pour prendre la mer, fonctionnaires devant se rendre au travail : personne n’est épargnée.

 L’absence prolongée de carburant a poussé la population vers le marché noir, où les prix ont explosé. Chaque matin, des dizaines de personnes sillonnent les plages de Fomboni avec des bouteilles vides à la main, guettant l’arrivée des vedettes en provenance de Ndzuani. Elles espèrent y acheter quelques litres d’essence, vendus jusqu’à 1 000 francs le litre, une pratique pourtant jugée « illégale » par les autorités de l’île. Les files d’attente sont interminables, les bousculades fréquentes, et seuls les plus forts ou les plus rusés parviennent à se procurer ce précieux produit.

Des files d’attente interminables

Mardi 13 janvier, près du point d’accostage, une trentaine de personnes guettent l’arrivée des embarcations prévue vers midi. « Dans une période comme celle-ci, toutes nos activités sont au ralenti. Hier, une femme pleurait parce qu’elle ne trouvait pas d’essence pour envoyer une moto à Ndrondroni afin de secourir son fils malade.», témoigne Ali Mouhamadi, chauffeur de taxi.


La dernière vente officielle de carburant à Mwali remonte au 8 janvier, à la station Yousna Sarl. Les stocks restants avaient été réservés aux autorités et à quelques particuliers. Après une menace de grève, le syndicat des taximen avait obtenu 900 litres à partager, soit 10 litres par véhicule, une mesure jugée insuffisante et source de tensions.