Deux ans après son investiture à Ndzuani, le gouverneur Zaidou Youssouf revient sur son bilan, les crises traversées, les défis sécuritaires et sociaux, et réaffirme sa vision d’unité et de développement local durable.

 

Deux ans après son investiture à la tête de l’île de Ndzuani, le gouverneur Zaidou Youssouf a accordé un entretien à la presse. Santé personnelle, crises traversées, défis sécuritaires, infrastructures, relations avec le pouvoir central ou encore ambitions pour 2029 sont au menu de cet échange. Le chef de l’exécutif insulaire a défendu une vision axée sur l’unité, la décentralisation et le développement local.

Le gouverneur a d’abord évoqué son état après deux années de gouvernance. «Cet échange intervient en ce jour d’Arafat donc je formule des prières pour la santé, l’amour, la fraternité et la miséricorde entre les Comoriens, au chef de l’État, aux gouverneurs, aux membres du gouvernement, aux élus, aux malades. Alhamdoulilah, je rends grâce à Dieu. Chaque jour, je me réveille en bonne santé, physiquement comme mentalement», a-t-il déclaré.

Le développement économique local et la cohésion sociale

Interrogé sur la pression liée à ses responsabilités, le gouverneur a insisté sur les défis auxquels Ndzuani est confrontée. « J’ai servi ce pays pendant trente ans en tant que médecin avant qu’Allah ne me permette d’être élu gouverneur. Je remercie profondément la population. Nous savons que nos quatre îles forment une seule nation, avec une langue, une culture et une religion communes.

 Chaque île possède ses spécificités, et Ndzuani fait face à une forte densité démographique, à la déforestation, à la raréfaction des ressources halieutiques ainsi qu’aux maladies régionales. Nous sommes également confrontés aux éboulements, aux naufrages de vedettes et à de nombreuses situations d’urgence. Avec près de 49 % de pauvreté, nous avons le devoir de rester constamment informés et mobilisés. Ce sont des responsabilités qui entraînent beaucoup d’inquiétudes et de réflexions au quotidien», a expliqué Dr Zaidou Youssouf.


Depuis son arrivée au pouvoir, le gouverneur de Ndzuani affirme privilégier le développement économique local et la cohésion sociale. «Notre priorité reste le développement de l’île dans un esprit de fraternité. Les problèmes de Ndzuani doivent être réglés ensemble, main dans la main. Nous avons mis en place des formations techniques pour accompagner les porteurs de projets. Pour nous, l’entrepreneuriat constitue une solution essentielle à la création d’emplois, même à petite échelle. Nous défendons également la décentralisation au sein même de l’île, avec la création de directions régionales afin de désenclaver certaines zones et réduire la concentration administrative à Mutsamudu», a soutenu le gouverneur.


Questionné sur les moments les plus difficiles de son mandat, le gouverneur a évoqué les différentes crises traversées depuis son investiture. «Être gouverneur est une grande responsabilité et une grâce divine. Mais lorsqu’on exerce cette fonction, deux choix existent : servir avec modestie ou se laisser emporter par le pouvoir. Pour ma part, il est difficile de fermer les yeux face aux réalités que vivent nos jeunes, avec près de 50 % de chômage. Nous avons traversé plusieurs crises majeures, notamment l’épidémie de choléra qui a causé 124 décès, en période de cyclone, mais aussi les récents mouvements de grève, les éboulements ainsi que les drames en mer», a rappelé le chef de l’exécutif insulaire.


Dans cet échange avec la presse, Zaidou Youssouf a reconnu les difficultés persistantes, particulièrement sur l’état des routes. «Les difficultés liées aux routes sont une réalité quotidienne pour les travailleurs, les étudiants et l’ensemble de la population. Le chef de l’État avait obtenu les financements pour ces infrastructures, mais certaines difficultés sont apparues dans l’exécution des travaux. Nous faisons aussi face aux éboulements et à la montée des eaux, qui impactent les routes», a reconnu le gouverneur.

L’unité et à l’encadrement de la jeunesse

Le gouverneur a été ensuite interrogé sur ses relations avec les partenaires internationaux, les institutions nationales et avec le chef de l’État Azali Assoumani. «La diplomatie relève de l’État, conformément à la Constitution. Toutefois, Ndzuani entretient des échanges avec plusieurs partenaires, notamment la Chine et le Japon, dans l’objectif d’accompagner le développement de l’île.

Pour ce qui est des relations au niveau national, nous entretenons des relations respectueuses avec la présidence. Nos propositions sont prises en considération par le chef de l’État et nos institutions travaillent dans la même direction. Je sers le chef de l’État avec fierté. Je n’ai jamais reçu de retour négatif de sa part, au contraire, il nous encourage. Servir la population en tant que gouverneur reste pour moi une fierté», a affirmé Zaidou Youssouf.

À la question portant sur son avenir politique et sa vision de Ndzuani en 2029, le gouverneur a laissé ouverte plusieurs possibilités. «Avant tout, nous prions pour avoir la santé et atteindre 2029. Plusieurs chemins peuvent s’offrir à moi. Je pourrais servir autrement après ce mandat, ou être choisi par mon parti pour d’autres responsabilités, y compris une éventuelle candidature à la présidence de la République. Cela dépendra du parti. Ce que nous souhaitons avant tout, c’est voir émerger un Anjouanais capable d’unir le pays, de le développer et de le représenter dignement à l’international. Mon angoisse aujourd’hui reste surtout de terminer ce mandat dans de bonnes conditions», a insisté le gouverneur.


Enfin, dans son message adressé à la population de Ndzuani, le gouverneur appelle à l’unité et à l’encadrement de la jeunesse. «Nous devons rester unis. Ndzuani demeure l’île la plus vulnérable de la région. Nous devons travailler ensemble pour assurer une meilleure éducation à nos enfants, dont certains se retrouvent malheureusement livrés à eux-mêmes. Des centres de formation existent pour les accompagner, et il nous appartient de leur montrer le bon chemin. Je profite également de cette occasion, en ce jour d’Arafat, pour présenter une nouvelle fois, en mon nom personnel et au nom de tous, nos condoléances aux familles endeuillées. Nous prions pour que Dieu leur accorde patience, réconfort et récompense», a conclu Zaidou Youssouf.