En moins d’un mois, cinq meurtres présumés ont secoué le pays. À Ndzuani, le procureur Ibrahim Youssouf éclaire deux affaires distinctes, marquées par des interpellations rapides et la détention provisoire de sept suspects.
Le nouveau procureur de la République près le tribunal de Mutsamudu, Ibrahim Youssouf, a apporté des éclaircissements sur deux récentes affaires de meurtres présumés survenues à Ndzuani, lors d’une intervention à la Radiotélévision de Ndzuani (Rtn) hier jeudi. Sept individus, dont six impliqués dans le décès de Saïd Houmadi, ont été placés en détention provisoire à la prison de Koki. En moins d’un mois, cinq meurtres présumés ont été enregistrés à l’échelle nationale : trois à Ngazidja et deux à Ndzuani. À Ndzuani, des juges d’instruction ont été désignés mercredi dernier pour conduire les enquêtes dans les deux dossiers concernés. Le décès du jeune Saïd Houmadi à Shiwe, dans la commune de Mutsamudu, et celui de Moudjahid Ahamadi à Domoni, dans le quartier Shuguju. S’agissant du drame survenu le 2 février à Domoni, le procureur a précisé qu’ «un enfant de 12 ans a perdu la vie après avoir été atteint à la tête par un morceau de parpaing lancé par son cousin ». Transporté d’urgence à l’hôpital, son décès y a été constaté.
L’auteur présumé a été immédiatement interpellé. Une information judiciaire a été ouverte le 4 février et confiée à un juge d’instruction. Le mis en cause est actuellement placé en détention provisoire à la prison de Koki. Concernant la découverte macabre survenue le jeudi 29 janvier au matin dans le quartier de Shiwe (Anteniju), le procureur a salué «la réactivité des forces de sécurité». La brigade de recherches de la gendarmerie a procédé à l’interpellation rapide de six personnes. Un juge d’instruction a également été saisi pour «poursuivre les investigations dans le respect des règles de procédure». Les suspects sont placés en détention provisoire à Koki. Selon le parquet, «cette mobilisation illustre la détermination des autorités à lutter contre l’impunité».
Enfin, le procureur a tenu à préciser que ces deux affaires sont distinctes et ne relèvent pas du même dossier. Toutefois, un élément commun ressort des premières investigations : la consommation de produits stupéfiants. « La loi est très claire en la matière », a-t-il rappelé.Ibrahim Youssouf a insisté sur la dimension préventive de la lutte contre la drogue. Si la justice peut jouer un rôle éducatif, il a rappelé que la responsabilité incombe d’abord aux parents, aux familles et à la communauté. «La police nationale et la gendarmerie restent mobilisées pour lutter contre l’importation, la vente et la consommation de stupéfiants, des pratiques qui fragilisent la jeunesse et déstabilisent la société. Toute personne impliquée dans des actes répréhensibles sera poursuivie conformément aux textes en vigueur», a-t-il dit.
À travers cette prise de parole, le chef du parquet a également réaffirmé sa volonté de «renforcer la transparence et la confiance de la justice avec la population». Il est revenu sur la nouvelle stratégie de communication mise en place par le parquet. «Nous avons engagé une nouvelle dynamique visant à instaurer un climat de confiance entre la population et l’institution judiciaire. À travers des rencontres régulières avec la presse, nous souhaitons expliquer notre action, clarifier les procédures et répondre aux préoccupations des citoyens. La justice ne doit pas être perçue comme une institution lointaine, mais comme un service public au service de tous », a-t-il assuré.




