L’Agence nationale du hadj et de l’oumra a lancé les préparatifs du hadj 2027 avec de nouvelles procédures visant à mieux encadrer les inscriptions. Certaines agences saluent ces mesures, tandis que d’autres dénoncent leur exclusion.
L’Agence nationale du hadj et de l’oumra (Anho) a officiellement lancé les préparatifs du pèlerinage 2027. De nouvelles mesures administratives, sanitaires et techniques ont été annoncées afin de renforcer l’encadrement des futurs pèlerins comoriens. La limitation du rôle des agences privées provoque toutefois des réactions contrastées parmi les acteurs concernés.
Désormais, les candidats au pèlerinage doivent effectuer personnellement leur inscription auprès de l’Anho avant de choisir l’agence privée qui assurera leur accompagnement. Selon le directeur général de l’agence, Mohamed Elfatih Djamalylayl, cette procédure répond notamment aux exigences des autorités saoudiennes. «Le fait que le pèlerin se présente permettra à l’Anho de constater son état physique. Il pourra également obtenir son numéro et se rassurer qu’il est bien enregistré», explique-t-il.
Pour les Comoriens résidant à l’étranger, une procuration est prévue. Le candidat devra également fournir un certificat médical, qui sera examiné par l’un des médecins mobilisés par l’Anho. Un entretien téléphonique avec l’intéressé est également prévu.Une fois l’inscription effectuée et le reçu délivré, le pèlerin pourra choisir l’agence privée chargée d’organiser son voyage. Celle-ci aura pour mission d’assurer le suivi, l’encadrement et l’assistance du pèlerin jusqu’à l’accomplissement du hadj. L’Anho justifie cette répartition des tâches par l’impossibilité de prendre directement en charge l’ensemble des pèlerins.
Des agences partagées
Du côté des agences privées, les nouvelles dispositions sont diversement accueillies. Cheikh Abdallah Soilih Abdoulkarim, chargé du hadj et de l’oumra au sein de Kheri Salama Voyage, reconnaît des changements par rapport à l’année précédente. Selon lui, ces mesures peuvent contribuer à résoudre certains problèmes, notamment les changements de noms sur les listes à la dernière minute ou le non-remboursement de certains frais par lesdites agences. «Les agences privées s’alignent sur ces mesures et essaient de se renseigner si leurs clients sont inscrits sur la liste de l’Anho», affirme-t-il.
Le responsable déplore toutefois que son agence ne puisse pas participer aux préparatifs du hadj 2027. Il met en avant son expérience dans l’organisation de trois à quatre voyages d’oumra chaque année ainsi que le paiement, depuis deux ans, de 200 000 francs au titre de l’agrément auprès de l’autorité compétente. Une situation qu’il juge d’autant plus difficile à comprendre que, selon lui, «certaines agences bénéficient d’une autorisation sans remplir les mêmes conditions».
Pour les agences autorisées, la procédure s’est également accompagnée de changements. Issihaka Ibrahim, responsable d’Elmanassik, indique que le directeur de l’Anho avait convié les agences privées à l’ouverture des inscriptions. «Au début, il avait fixé un quota de 47 puis après un autre à 30 candidats», rapporte-t-il. Les candidats s’inscrivent individuellement avant de choisir l’agence à laquelle ils souhaitent confier l’organisation de leur voyage.
L’Anho assume par ailleurs la décision de ne pas autoriser deux agences à engager les démarches pour le prochain pèlerinage. Mohamed Elfatih Djamalylayl explique que l’une fait l’objet de poursuites judiciaires engagées par des clients, tandis que l’autre aurait abandonné des pèlerins lors du précédent hadj.Une personne ayant déjà effectué le pèlerinage, qui a requis l’anonymat, estime pour sa part que le nouveau dispositif pourrait être bénéfique aux futurs pèlerins. Elle reproche en effet à «certaines agences» de «privilégier leurs intérêts financiers au détriment de l’accompagnement des clients». Selon elle, l’intervention plus encadrée de l’Anho pourrait notamment contribuer à faire baisser le coût du hadj et à limiter les pratiques jugées abusives de certaines agences.


