Mohamed Ali, alias Dr Naoufal, est décédé le vendredi 8 mai dernier en Egypte. Ses obsèques ont eu lieu hier, mardi 19 mai, dans sa ville natale de Mkazi ya Bambao au cimetière Mgazidjadjuu. Ses étudiants ont rendu hommage à un enseignant dévoué à son métier alors que ses collègues professeurs parlent «d’un homme de foi et de lumière».

 

Plusieurs personnalités politiques, religieuses, des enseignants de l’Université des Comores, entre autres personnes de toutes les générations, et les couches sociales ont fait le déplacement pour rendre un dernier hommage à Mohamed Ali, dit Dr Naoufal, doyen de la faculté des droits et sciences économiques. Ce dernier a été reconnu également par sa piété et ses prêches (darsa) dans différentes mosquées de Mkazi, dont la mosquée Zawiani et celle de Hynya (lignée) Mahatubu. 


Plusieurs personnes présentes dans ces obsèques ont témoigné de sa modestie, sa  sympathie, et sa maîtrise de la didactique universitaire. Docteur en statistiques, le regretté a été durant plus de 10 ans (2016-2026) un des grands cadres de l’Udc où il a occupé plusieurs postes administratifs parallèlement à son métier d’enseignant de statistiques, de probabilité et de comptabilité. «On le reconnaît parmi ceux qui priorisaient et défendaient l’intérêt général et qui évitaient de s’engager dans des situations incertaines, dans ses engagements syndicaux, communautaires et socio-professionnels», soulignent des collaborateurs.


Saluant l’engagement manifesté par Dr Naoufal dans l’enseignement et la défense des pratiques religieuses, un prédicateur de Mkazi appelle à la patience et à la résistance active et endurante de ses proches. «Comme ses oncles maternels, Dr Naoufal n’avait pas cessé d’enseigner le Coran, le Tadjwid, les récits du prophète et les principes de la religion islamique», a témoigné Zainoudine Mmadi.

Zainaba Youssouf, étudiante en Economie, a, comme ses camarades de l’Université, exprimé la «tristesse» qui la dévore après avoir appris le décès de son enseignant, car le défunt était reconnu par sa maîtrise de dispenser les cours pratiques avec tant de professionnalisme et de rigueur. «Il nous a enseigné la probabilité en deuxième année et devait nous enseigner l’enquête au deuxième semestre de cette année.

Après quelques jours d’absence on a eu un autre enseignant qui est venu le remplacer. Malheureusement, on nous a annoncé son décès», a souligné l’ancienne élève de l’école privée 12 médecins Annexe de Ntsinimwashongo. Le recteur de l’Udc, Dr Ibouroi Ali Toibibou, a dit avoir retenu de lui «sa rigueur qui l’obligeait à  s’éloigner et éviter la propagation de rumeurs et des informations non fondées et douteuses».

Un homme de foi et de lumière

Pour sa part, Bacar Nomane, enseignant chercheur et membre de la la commission anticorruption de la Cour suprême, a tenu à saluer l’engagement du défunt dans ses fonctions. Il indiquera que «Dr Naoufal était une personne très coopérative qui avait un esprit d’équipe. Dès son arrivée à l’Udc, la faculté de droit et des sciences économiques, il a entrepris une très bonne structuration administrative».

 Dans un long poème, le Sneuc parle d’une perte immense pour le corps enseignant et l’institution. «Ce départ soudain», «Qui a plongé nos cœurs dans la prière», «Dans la fleur de l’âge tu nous as quittés», «Mais ton noble nom restera à jamais gravé», «Professeur respecté, doyen admiré», «Par ton savoir immense, tant d’esprits furent guidés», lit-on. Le secrétaire général du syndicat des enseignants de l’Udc, Youssouf Boinaheri, a fait savoir qu’avec ses hautes fonctions administratives au sein de l’Udc, «Dr Naoufal n’a jamais manqué une réunion et un appel de notre syndicat».

 Il figurait aussi parmi la commission élargie des membres du syndicat des enseignants de l’Udc. Né en 1980, il a fait l’école primaire à Mkazi et secondaire à l’Ecole Privée Soidik de Mvuni ya Bambao jusqu’à la classe de première. Il a ainsi fait l’école coranique à la madrasa de son oncle feu Houdhoiri Maoulida. Dr Naoufal était le fils aîné d’une famille de 4 filles et deux garçons.

 Nommé responsable des Masters à l’Udc en janvier dernier par le recteur de l’Université, l’ancien doyen de la faculté de droit a été titulaire d’un doctorat en Statistique obtenu à l’université AlNeelain de Karthoum, au Soudan, où il s’est rendu après avoir obtenu son baccalauréat scientifique en 2001 au lycée Said Mohamed Cheikh de Moroni. Dr Naoufal est mort à l’âge de 46 ans laissant une veuve et deux filles dont l’aînée a 5 ans. Puisse Allah l’accueillir dans son vaste et éternel paradis!