L’Association comorienne de lutte contre le cancer chez la femme (Accf) a lancé, samedi 19 septembre à l’hôtel Retaj, la campagne «Octobre Rose 2026». La rencontre a réuni des représentants du secteur de la santé, du Centre hospitalier national El-Maarouf et des membres de l’association. La présidente de l’Accf, Zahara Abdallah, a présenté le bilan des actions menées, le calendrier de la campagne ainsi que les défis qui persistent dans la lutte contre les cancers féminins.


Si la campagne officielle débutera le 5 octobre, l’Accf a choisi de présenter son programme en avance afin de permettre aux femmes de se préparer au dépistage. «Nous voulons que l’information circule suffisamment tôt afin que chaque femme puisse être informée, sensibilisée et prendre les dispositions nécessaires pour participer à cette campagne», a expliqué Zahara Abdallah. Du 5 octobre au 5 novembre, des séances de dépistage seront organisées à Ngazidja et à Ndzuani. Elles auront lieu au Centre d’imagerie du Dr Soimihi à Moroni, au Chn El-Maarouf et à la polyclinique du Dr Abdel Kader à Mutsamudu.

À Mwali, le dépistage se déroulera du 20 octobre au 20 novembre, au Centre d’imagerie du Dr Simon à Fomboni. Les tarifs ont été réduits pour faciliter l’accès aux examens. Ils sont fixés à 15 000 kmf à El-Maarouf, à la polyclinique du Dr Abdel Kader et au Centre d’imagerie du Dr Simon, contre 17 500 kmf au Centre d’imagerie du Dr Soimihi. «Nous souhaitons permettre au plus grand nombre de femmes de bénéficier du dépistage», a souligné la présidente de l’Accf. Plusieurs activités sont également prévues durant la campagne. 


Un centre d’imagerie bientôt à Mwali

Une journée sportive aura lieu le 17 octobre à l’Alliance française, suivie d’une soirée de gala le 24 octobre au Retaj. La campagne prendra fin le 7 novembre avec la Marche Rose.L’une des principales annonces de cette édition concerne Mwali. L’ouverture prochaine du Centre d’imagerie du Dr Simon à Fomboni permettra aux femmes de l’île d’accéder à des examens d’imagerie sans devoir se déplacer vers les autres îles. «Les femmes de Mwalii pourront désormais bénéficier d’examens d’imagerie sur leur île», a déclaré la présidente, qui considère cette ouverture comme une avancée importante pour l’accès au dépistage.

 Une permanence de l’Accf sera également assurée pendant toute la campagne au Centre d’Animation Socioculturelle de Mtsangani (Casm) afin d’informer et d’orienter les femmes. Après sept années de mobilisation, l’Accf fait état d’environ 150 causeries de sensibilisation organisées dans les trois îles. L’association indique également avoir financé 1 732 mammographies et échographies mammaires, sur environ 3 000 examens réalisés, pour un montant de 25 980 000 de kmf. Elle a aussi offert 331 frottis cervico-utérins.

En 2025, 450 femmes ont bénéficié d’un dépistage. L’Accf a pris en charge les examens de 385 d’entre elles. Les dépistages ont permis d’identifier neuf cas suspects, dont trois confirmés. «Derrière ces chiffres, il y a des femmes, des familles, des histoires de vie», a rappelé la présidente. Elle estime que le dépistage ne constitue toutefois que la première étape, puisqu’une anomalie détectée doit être suivie d’un diagnostic et d’une prise en charge adaptés. L’Accf souligne plusieurs difficultés, notamment dans l’accès au diagnostic, aux traitements et aux évacuations sanitaires. La question de l’anatomopathologie reste également un problème important. 

Des difficultés dans la prise en charge

Certains prélèvements doivent encore être envoyés à l’étranger pour analyse, ce qui entraîne des coûts et des délais supplémentaires. «Il est important de poursuivre nos efforts, de renforcer les capacités existantes et de développer progressivement, aux Comores, les moyens nécessaires à une prise en charge plus complète et plus accessible des cancers», a déclaré Zahara Abdallah. L’association souhaite également renforcer l’accompagnement des patientes à un stade avancé de la maladie. 


Elle a notamment évoqué la mission menée en avril 2026 par Douleur Sans Frontière, autour du développement des soins palliatifs et de la prise en charge de la douleur. 
L’Accf salue également l’introduction de la vaccination contre le HPV depuis 2025, considérée comme un moyen important de prévention du cancer du col de l’utérus. «La prévention doit être pensée dans sa globalité : vaccination, information, dépistage, diagnostic, traitement et accompagnement», a rappelé la présidente. 


En 2026, l’association a également créé l’Accf Junior afin d’impliquer les jeunes dans la sensibilisation aux cancers féminins.  Ses antennes de Ndzuani et Mwali sont par ailleurs en cours de redynamisation. L’association a enfin présenté son nouveau site internet, destiné à informer la population sur les cancers féminins, le dépistage et les actions de l’Accf.

En conclusion, Zahara Abdallah a appelé les femmes à ne pas attendre avant de consulter. «Le dépistage ne doit pas être perçu comme une source de peur, mais comme un acte de prévention, de responsabilité et de protection de sa santé», a-t-elle insisté. Elle appelle également les institutions, professionnels de santé, entreprises, associations et citoyens à participer à cette mobilisation. «Votre santé compte. Votre vie compte. Et vous n’êtes pas seule».