Des commerçants excédés ont manifesté devant l’Onicor pour réclamer la livraison de riz ou le remboursement de leurs investissements. Après deux ans d’attente, les pertes financières et les dettes aggravent une situation devenue critique.
La tension est montée d’un cran lundi 6 avril devant les locaux de l’Office national d’importation et de commercialisation du riz (Onicor) à Moroni. Près d’une vingtaine de commerçants, hommes et femmes, ont symboliquement fermé les portes de l’institution pour dénoncer une situation devenue pour eux insupportable. Depuis près de deux ans, ils attendent la livraison du riz déjà payé ou le remboursement de leurs investissements, sans résultat concret.
Sur place, les manifestants ont exprimé leur exaspération face à des pertes financières importantes et à un endettement croissant. Beaucoup disent avoir contracté des prêts bancaires pour financer leurs activités, aujourd’hui paralysées. «Nous voulons soit le riz, soit notre argent», a martelé Oubeidillah Ahmed, visiblement désespéré. Comme lui, plusieurs commerçants dénoncent des engagements non tenus par l’Onicor, malgré des paiements déjà effectués.
Des solutions progressives
Le directeur général de l’établissement, Hamada Moussa Aby, reconnaît les difficultés et évoque des problèmes d’approvisionnement. Selon lui, les livraisons arrivent «au compte-gouttes », en raison notamment «des contraintes logistiques et des procédures d’assurance». Il a affirmé toutefois que «des solutions sont en cours», évoquant «l’arrivée progressive de conteneurs» et «la livraison prochaine de nouvelles quantités de riz».
Il a assuré également que «des discussions sont engagées avec la Banque de développement des Comores pour gérer les dettes et organiser un remboursement progressif ». La dernière manifestation du genre de ces commerçants remonte à janvier dernier. Certains avaient même exigé une enquête indépendante et des sanctions contre les responsables.
Aujourd’hui, la colère est ravivée, et les revendications restent les mêmes : un remboursement intégral ou une livraison conforme, ainsi que la prise en charge des pertes subies. Halima Ismail, l’une des figures de la mobilisation, appelle désormais à «une solution définitive», en exigeant «l’implication des autorités, notamment du ministère de l’Économie et de la gendarmerie».



